Critique du film – Lumière d’été

“Lumière d’été” est un film franco-japonais sorti au cinéma en France le 16 aout 2017. Il est réalisé par Jean-Gabriel Périot. Ce passionné d’histoire et de recherche a réalisé de nombreux courts métrages et documentaires. C’est après avoir lu un livre sur Hiroshima qu’il a pris conscience d’un manque de connaissance des événements, ayant mis fin à la Seconde Guerre Mondiale au Japon. De ce constat, est né un court métrage « 200 000 Fantômes », sorti en 2007. Avec « Lumières d’été », il signe son premier long métrage de fiction.

De quoi parle le film ? :

Akihiro est un réalisateur japonais qui vit à Paris. Il décide de se rendre à Hiroshima afin de s’entretenir avec les survivants de la bombe atomique. Profondément bouleversé par ces témoignages, il fait une pause et rencontre dans un parc une étrange jeune femme, Michiko. Petit à petit, il se laisse porter par la gaité de Michiko et décide de la suivre pour un voyage improvisé.

« Un film à la frontière entre le documentaire et la fiction »

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La spécificité (et la principale qualité) de ce film est qu’il se situe à la frontière entre le documentaire et la fiction. Séparé en deux parties, il n’est pourtant jamais déconnecté. Ce choix de construction intéressant marque le lien entre le passé et le présent, les fantômes et la réalité, l’évolution des émotions et l’oubli.

Il commence par la diffusion du court métrage « 200 000 fantômes » qui est très émouvant. Celui-ci présente Madame Takeda, survivante de la bombe, qui raconte dans le détail, la matinée du 6 août 1945.

Dans ce témoignage brut, frappant, mais qui ne verse jamais dans le pathos et la facilité, se juxtaposent des photographies de la ville d’Hiroshima avant, pendant et après la bombe. Elles représentent autant d’empreintes visuelles qui permettent de prendre conscience de la réalité des évènements et de mettre en perspective des faits connus de tous, mais finalement peu représentés.

Le court métrage est composé de photographies provenant de plusieurs sources hétéroclites (fonds publics, archives de la ville, photographies) pour parvenir, à partir de ces fragments visuels et individuels, à reconstruire une mémoire collective. Toutes ces photos ont comme point commun de montrer le dôme du Genbaku, symbole des liens entre le passé et le présent.

Le Genbaku est le nom d’un ancien centre d’affaires japonais devenu le symbole de la destruction de la ville d’Hiroshima par la bombe atomique américaine. Construit en 1915, c’est le seul bâtiment à être resté debout. Il n’a jamais été restauré, demeuré tel qu’au jour du bombardement, il est devenu un monument symbole.

 « Hiroshima qui se tourne vers l’avenir »

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 Je trouve que la partie consacrée à la fiction est aussi assez réussie. Après le choc des images, on suit avec plaisir les parcours des deux personnages. Michiko présente à Akihiro une ville indissociable de son passé mais qui se tourne vers l’avenir et va de l’avant. La balade est, à la fois, légère et grave, animée et silencieuse, entre amitié et amour naissant. Ici, le symbole n’est plus un bâtiment figé mais une jeune femme enjouée et confiante en l’avenir.

On peut y voir un lien de parenté entre ce film et celui d’Alain Resnais « Hiroshima mon amour », sorti en 1959, mais ce n’est pas le plus important. « Lumière d’été » est un film fort, poignant ou les deux séquences se complètent pour ne faire qu’une. Il est le symbole du lien entre le passé et l’avenir. A travers ses silences, il nous laisse nous recueillir et se souvenir afin de ne pas risquer de reproduire les mêmes erreurs.

Conclusion : « Lumières d’été » est une jolie balade qui unit le temps. Le film trouve le juste équilibre entre la gravité des évènements historiques passé et la positivité d’une histoire d’amour à venir. On peut regretter qu’il n’ait pas rencontré un plus grand succès lors de sa sortie en salle. Sûrement, le film a été pénalisé par sa date de sortie, au mois d’août pendant que l’on profitait de l’été.

Critique du film – Lumière d’été

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