Critique du film Ghost in the shell

Quand on parle adaptation d’un manga au cinéma, on frôle souvent la catastrophe. Vous souvenez-vous de Street fighter ou de DBZ ? Je pense que même les acteurs essaient de les oublier !

La genèse du film Ghost in the Shell a été chaotique.

En 2008, Steven Spielberg acquiert les droits du manga pour faire une adaptation au cinéma. Ari Arad et Steven Paul sont annoncés à la production. En janvier 2014, il est révélé que Rupert Sanders dirigera le film. En janvier 2016, Disney abandonne les droits de distribution du film à Paramount et confirme une sortie pour le 31 mars 2017.

Malgré cela, les producteurs semble avoir mis le paquet pour réussir. Un budget conséquent, un casting 5 étoiles budget et une bande annonce réussie !

Est-ce suffisant pour relever le challenge et satisfaire nos attentes ?

“Une avant-première célébrée en grandes pompes”

C’est au Grand Rex qu’a eu lieu cette avant première, seulement une semaine avant la sortie officielle du film au cinéma.

Après 30 minutes d’attente et un tapis rouge (bleu pour l’occasion), je rentre enfin dans la grande salle (2 800 places) de cinéma.

Pour l’occasion, des sachets de pop corn (Yummy Pop dont la boutique dans le marais appartient à S. Johansson) soigneusement emballés sont distribués à chaque spectateur. Délicate attention !

Quelques minutes avant le début du film, les acteurs débarquent sur la petite scène située devant l’écran. IPhone dressé, les spectateurs ne boudent pas leur plaisir.

Miss Johansson, très souriante recueille la majorité des applaudissements. Juste le temps de nous dire quelques mots en anglais et pour nous de prendre quelques photos. Rentrons dans le vif du sujet.

De quoi parle le film : Dans un futur proche, le Major est unique en son genre : humaine sauvée d’un accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Alors qu’elle s’apprête à affronter un nouvel ennemi capable de prendre le contrôle des esprits, elle découvre qu’on lui a menti.

“Le spectacle privilégié par rapport au fond de l’histoire”

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Ghost in the Shell est une référence pour tout fan de manga et d’animé japonais. C’est avant tout un manga de Masamune Shirow publié dès 1989. Il est devenu une référence pour tout fan de mangas et d’animé japonais avec les deux films d’animation du maître Mamoru Oshii sortis en 1995 puis 2004.

Ce succès est à mon avis amplement mérité. Une de ses qualités principales, c’est la manière dont les rapports entre l’homme et la machine sont abordés. Rapport de force bien sur mais aussi rapports émotionnels à travers la quête du major Kasturagi pour retrouver son identité. Ghost in the shell c’est aussi un univers à part entière avec une histoire passionnante et des scènes d’action épiques.

Tout les ingrédients sont donc réunis pour faire un bon film, à condition de trouver le juste équilibre.

Le gros point fort du film, c’est la qualité des scènes d’action. Le réalisateur a mis les moyens et ça se voit.

En particulier, j’ai vraiment apprécié la scène du début du film ou le major doit s’infiltrer dans le building. Pour moi la meilleur scène du film et la plus fidèle à l’anime.

Esthétiquement soigné, toutes les scènes d’action sont réussies avec un côté épuré (au contraire par exemple d’un suicide squad ou ça tire de partout). Le film est rythmé et on ne s’ennuie pas. Les scènes de combat s’enchaînent au fur et à mesure que les ficelles de l’intrigue se dénouent. Le combat final est vraiment spectaculaire.

Le problème c’est qu’à force de privilégier l’action et le spectacle, on néglige le fond de l’histoire et des personnages. C’est le principal reproche que je ferai au film. La quête personnelle du major sur son passé est abordée longuement mais n’est pas à la hauteur des attentes. Ce qui devrait constituer le cœur du film (la quête d’identité du major) est une succession de scénettes sans véritable intérêt. L’ histoire est donc respectueuse de l’oeuvre originale mais pas vraiment fidèle.

Au final, j’ai aussi eu l’impression que le film n’est pas vraiment abouti. Le message si touchant dans l’anime parait ici simpliste. Peut être par manque de temps (un peu plus d’un an seulement entre l’annonce du film et sa sortie en salle). Certainement car l’équipe aux manettes (producteur, réalisateur, scénariste) a cédé au diktat d’hollywood et à ses codes commerciaux.

C’est dommage car le film perd de son identité et de sa singularité. On a l’impression d’avoir vu un bon film d’action mais pas une adaptation du manga. A croire que le challenge était trop difficile. J’aurai préféré une adaptation plus proche de l’oeuvre originale qui donne envie au spectateur “néophite” de  plonger dans l’univers du manga et de l’anime.

“S. Johansson en major Kusanagi : je valide avec mention bien”

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Passé la surprise de l’annonce de cette super-star dans le rôle de l’actrice principale, c’est la question que tout le monde se posait : Est-ce que Scarlet va assurer en major Kusanagi ?

Apres 15 minutes, on est rassuré sur la qualité de son interprétation.

Scarlett cours, cogne, on voit qu’elle est rodée à l’exercice (merci les avengers). Mais pas seulement, elle interprète le  major avec brio. On constate un vrai effort de sa part pour “se glisser dans la peau” du personnage et on peut dire que c’est réussi.

Elle apporte aussi un côté sensuel (la marque de frabrique de l’actrice^^) qui n’est pas choquant. Dans les scènes d’action, elle joue juste et frappe fort. Dans les scènes de dialogue, elle est déterminée et distille sa part de sensibilité (surtout vers la fin du film).

Le choix de SJ est donc un bon choix. Si on met en avant son côté “bankable”, c’est même un excellent choix. On pourra toujours regretter le choix d’une actrice non asiatique mais je ne suis pas certain qu’une autre actrice avec un physique plus proche du personnage original aurait livrée une meilleure prestation.

Un bémol toutefois. Il manque selon moi l’essence même du personnage principal, ce côté à la fois fort du cyborg et fragile de l’humain, si subtil dans l’œuvre originale de Masamune Shirow. C’est cet aspect touchant du major qui m’avait fasciné quand j’avais vu l’animé de Mamoru Oshii et que l’on retrouve pas vraiment dans le film.

“Des lacunes et des incohérences qui nuisent à la qualité du film”

Elles sont nombreuses et les fans du manga pourraient facilement étayer cette analyse.

Par exemple, T. Kitano s’exprime toujours en Japonais alors que ses interlocuteurs lui répondent en anglais. On assiste impuissant à un imbroglio linguistique qui nuit à la crédibilité des personnages.

Je regrette aussi que les personnages dit “secondaire” soient à ce point négligés. Batou par exemple qui est mon perso préféré de l’anime se limite au rôle du bon copain, toujours là quand il faut. Je ne parle pas des autres personnages qui jouent plus un rôle de figurant dans le film. C’est dommage…

Un personnage décroche la palme du ratage, c’est la mère du major (pourtant jouée par la célèbre actrice japonaise Kaori Momoi). Larmoyante à souhait, elle passe complètement au travers du côté émotionnel qu’a sûrement voulu lui donner le réalisateur. La longue séquence dans son appartement frôle le ridicule. Pire, avec Kitano, elle semble représenter la caution asiatique du film, suite à la polémique sur un casting trop américain.

La musique, gros point fort de l’animé reste en retrait dans le film. Le célèbre thème principal aurait pu être plus présent et mieux distillé au cours des scènes clé film.

Enfin, je trouve que la ville (New port city dans le manga) n’est pas bien mise en valeur. Certes les plans larges multiples sont réussis mais je n’ai jamais eu l’impression d’immersion totale dans l’ambiance cyber-punk de cette ville que j’attendais.

Conclusion :

Au final, le film n’est pas raté, c’est plutôt un bon film d’action. Mais le contrat n’est pas rempli. Fidèle en apparence au manga et à l’anime, il ne l’est pas réellement. La qualité de la mise en scène et les effets spéciaux ne font pas oublier les lacunes du scénario et de la réalisation. Sur la forme, le casting assurera le succès commercial du film. Sur le fond,  la barre était certainement trop haute.

Personnellement, ce film m’a quand même donné envie de me replonger dans l’univers du manga. J’espère que ce sera le cas pour vous aussi !

Ghost In The Shell : Photo Scarlett Johansson

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