Ajourd’hui, je vous présente l’article le plus ambitieux que j’ai rédigé depuis la création de mon site. J’espère que ce thème va vous plaire. Récemment, j’ai fait un long voyage en train vers le sud de la France, un trajet de 4 heures en TGV à destination de la mer et du soleil. Ce voyage m’a donné l’idée d’écrire l’histoire des trains dans les films du studio Ghibli que je trouve particulièrement intéressante. On peut voir les trajets en train comme un trajet, mais aussi comme pause dans la journée qui donne le temps de réfléchir, de contempler, d’imaginer, de contempler. Je vous invite à ouvrir cette porte pour monter dans un wagon plein de magie, d’émerveillement et de mystères. Installez vous confortablement et profitez de ce voyage ! Ce trajet comporte 15 stations, chacune représentant un film d’animation différent.
LES TRAINS dans tous les films du STUDIO GHIBLI
J’aime cette idée de mettre le temps en suspens, à profit pour contempler les paysages et laisser libre court à son imaginaire. Pour cela, le train est le moyen de transport idéal. Comme dans un film, ils constituent une parenthèse entre deux lieux, avant d’arriver à sa destination et de poursuivre son histoire. Dans un film d’animation Ghibli, c’est de cette façon dont les trains sont utilisés. Ils offrent le plus souvent une période de réflexion à un personnage ou une pause au film. Les films ont parfois peur du silence des transports, mais ce n’est pas le cas du Studio Ghibli et les scènes de train l’illustrent parfaitement. Je voulais rédiger avec un objectif, qu’il soit le plus complet et le plus détaillé possible sur ce thème qui fait voyager et rêver. Je remercie infiniment Benoît Mazerolles pour son aide à la rédaction de ce dossier et les photos de ses voyages au Japon. Je vous invite vivement à le suivre sur ses réseaux X et sa chaine youtube.
J’entends le chef de gare annoncer notre train. Vous êtes prêt pour ce voyage unique en compagnie des personnages du studio Ghibli ?
Pour voyager dans ce train, pas besoin de billet. Tout le monde est bienvenu ! Regardez ma petite vidéo de présentation en guise d’introduction :
@undeuxtroiscinema Les trains dans tous les films du studio Ghibli. Un voyage au Japon entre trains réels et imaginaires. Voici le lien vers l’article complet sur mon site : https://japoncinema.com/les-trains-dans-tous-les-films-du-studio-ghibli #ghiblistudios #ghibliedit #trains #japon #animation ♬ son original – UndeuxtroisCinema
Les films Ghibli ont toujours l’air d’être en mouvement. Les avions, les voitures, les bateaux, les trains ne sont pas seulement un moyen de transport. Ils jouent souvent un rôle majeur dans les intrigues ou le développement des personnages, à tel point que les voyages ont presque toujours une signification supplémentaire, ils connectent de manière presque magique des mondes, des amis, des membres d’une famille, des inconnus. Certains films du studio Ghibli représentent des lieux réels, les trains et les gare au Japon, avec un réalisme bluffant, bien avant les films de Makoto Shinkai.
Dans d’autres films, les trains comportent en plus une dimension spirituelle. Ils nous transportent aussi dans le temps. Dans Souvenirs goutte à goutte d’Isao Takahata, le train de Taoko ne se contente pas de la transporter de Tokyo à la campagne, il l’emmène également dans ses souvenirs d’enfance de premier amour et de croissance, la préparant à réévaluer ce qu’elle veut pour son avenir.
Les trains du studio Ghibli ont tendance à être un moyen de transport assez calme, sauf dans ces deux films :
-Dans le château dans le ciel, le train représente l’évasion de Patsu et Sheeta du Dola. Le duo aide le conducteur à faire fonctionner le train et combat en même temps les pirates. Il se passe beaucoup de choses dans cette scène, de l’action et un trait comique et cela renforce vraiment l’action.
-Dans le vent se lève, c’est le lieu d’une rencontre. L’ingénieur d’avion idéaliste Jiro à sa future épouse Naoko. Le plus souvent, les trains dans les films Ghibli relient les personnages à leur passé ou à leur avenir, leur donnant l’occasion de réfléchir à l’endroit où leurs voyages les ont menés.
Ces voyages peuvent également prendre une tournure spirituelle, ou nous émotions s’accélèrent. C’est le cas dans le Tombeau des Lucioles de Takahata. Le film a peut-être l’une des ouvertures les plus sombres de tous les films de Ghibli, à commencer par une scène d’une gare dans le Japon d’après-guerre, où un garçon désespéré meurt à la vue des passants. Son esprit rejoint celui de sa sœur, et les deux montent à bord d’un train fantôme qui les conduit dans un flashback racontant leur histoire tragique. Le train continue d’apparaître dans diverses parties du film, chaque souvenir un arrêt marquant leur inévitable déclin. Le train est vide à l’exception de ces deux jeunes âmes dans le domaine spirituel, mais nous le voyons plein de vie dans le passé.
Le train joue rôle important dans le voyage de Chihiro lorsque Chihiro, doit se lancer dans une quête spirituelle pour faire amende honorable avec la sœur jumelle de son patron. Si elle craint que la nouvelle sorcière qu’elle va rencontrer soit plus effrayante que sa jumelle, ou se demande comment elle va retourner aux bains publics où elle travaille, étant donné que le train ne va que dans un sens, Chihiro ne le montre pas. Elle monte courageusement à bord du curieux train, qui glisse le long des eaux sans fin autour des bains publics. C’est une scène époustouflante et surréaliste, et la patience mélancolique de Chihiro contraste fortement avec sa morosité au début du film, voyageant en voiture avec ses parents. Dans le train, elle a un but. Je termine cette « longue » introduction pour vous laisser découvrir le résultat de notre travail, qui j’espère vous plaira. N’hésitez pas à laisser un commentaire.
Premier Arrêt : « JE PEUX ENTENDRE L’OCÉAN »
Contexte, description du train et analyse : « Je peux entendre l’océan » (Ocean Waves) est un téléfilm du studio Ghibli réalisé en 1993 par Tomomi Mochizuki, connu pour les animes Kimagure Orange Road (Max & Compagnie) et Maison Ikkoku (Juliette, je t’aime). C’est un précurseur dans la représentation des lieux réels au Japon entre découverte et contemplation, plusieurs années avant les films de Makoto Shinkai. Ce film d’animation est une authentique carte postale du Japon. Une animation pleine d’immersion dans le quotidien du début des années 90 avec des images très proches de la photographie.
Contexte : Je sais que « Je peux entendre l’océan » n’est pas le film Ghibli préféré de tout le monde MAIS je l’aime bien et vous devez admettre qu’il a une scène de train assez étonnante. La conclusion du film se déroule dans une gare !! Après tout ce temps, Taku et Rikako se retrouvent enfin à la gare. Taku est à la gare quand il pense la voir mais croit qu’elle est partie jusqu’à ce qu’ils établissent un contact visuel. Ils se sont revus et j’espère que cette fois ils pourront être ensemble. Tout n’est pas dit et reste ouvert, mais j’ai trouvé que c’était une excellente façon de conclure le film et de les réunir avec un peu d’espoir pour l’avenir. C’est très mignon et montre à quel point chacun d’eux s’en soucie encore et a grandi. Une conclusion parfaite avec les trains qui défilent. Ils auraient pu être séparés et prendre à nouveau des chemins différents, mais ils ne l’ont pas fait. Au lieu de voyager dans le train, ils se rencontrent. J’attends là le prochain mouvement.
OU ? A Tokyo
QUELLE GARE ? La gare de Kichijōji
La gare de Kichijōji à Tokyo est représentée dans « Je peux entendre l’océan » à deux reprises. La première et la dernière scène du film d’animation se déroulent dans cette gare. Lorsque Taku Morisaki est sur le quai et dans le train en attente et à la fin du film, il retrouve Rikako Muto.
Détail sympa, il y a aussi dans cette gare une affiche du film de Porco Rosso à retrouver à la fin du film. A noter que le musée Ghibli se trouve à environ 1 kilomètre de la gare, et les locaux du studio Ghibli à deux gares plus loin.

QUELLES LIGNES ?
JR EAST et KEIO :
La gare de Kichijōji est située à Musashino, dans la banlieue ouest de Tokyo. Elle est desservie par 3 lignes :
- 2 lignes de la JR East, la ligne Chūō-Sōbu et la ligne Chūō (Rapid) qui permentent d’aller à Shinjuku puis au centre de Tokyo. Dans le film on voit plusieurs fois les rames oranges de la série 201. Elles ont roulé sur la ligne Chūō jusqu’en 2010.
- La ligne Keio Inokashira. Elle relie Kichijōji à Shibuya, mais on ne la voit pas dans le film. Mais on l’aura l’occasion de voir de nombreux trains Keio dans « Si tu tends l’oreille ».

LE TRAMWAY DE KOCHI :
Au sud de l’île de Shikoku, je vous présente la ville de Kōchi, au bord de la mer et entourée de montagnes. C’est le lieu principal du film, où se dévoile ce triangle amoureux. Je vous propose de partir à la découverte de son tramway. « Yosakoi ! » qui à Kochi signifie « Venez ce soir ! ».

Deuxième Arrêt : « SI TU TENDS L’OREILLE »
Contexte, description du train et analyse : la scène du train est trop mignonne ! J’ai l’impression que cette scène décrit très bien ce qu’est un caprice. Shizuku est dans le train et décide soudain de suivre Moon (le chat) partout où il va alors qu’il ne le connaît même pas. Il l’emmène dans une petite aventure qui l’amène au magasin et qui commence toute son histoire. Ce voyage en train a mis en place le reste de son aventure. C’est également un grand moment de pause et de détente dans le film puisqu’il s’agit d’une petite pause calme entre les points de l’intrigue. Shizuku est juste assise dans le train et regarde fixement quand Moon apparaît calmement pour s’asseoir à côté d’elle. Elle est un peu choquée mais tout cela reste très apaisant et attire les téléspectateurs dans l’instant présent.
OU ? A Tama (Tokyo)
QUELLES GARES ? Les gares de Mogusaen et Seiseki-Sakuragaoka
Au début du film, Shizuku et Moon montent dans le train à la gare fictive de Mukaihara, qui est basée sur la gare de Mogusaen sur la ligne Keio. Cette gare est située à environ 30 kilomètres à l’ouest de la gare de Shinjuku.


Ils descendent à la gare suivante de Suginomiya, en réalité la gare de Seiseki-Sakuragaoka. A côté de la gare se situe un centre commercial et le siège social de Keio, que l’on peut apercevoir dans le film.
Petite l’anecdote : Tama est aussi connu pour être le lieu du siège de studio Nippon Animation. C’est ici que Hayao Miyazaki et Isao Takahata travaillaient pour l’anime HEIDI était situé ici. Tama est aussi la ville nouvelle que l’on voit se construire dans Pompoko, un autre film du studio Ghibli.


Et voici un Boîte aux lettres emblématique du film. Elle se situe devant la gare de Seiseki-Sakuragaoka en hommage au film.
À la fin de l’histoire, lorsque Shizuku et Seiji voient le lever du soleil, nous pouvons voir de grands immeubles au loin, sûrement Shinjuku !
QUELLE LIGNE ? La ligne Keio à Tokyo
La ligne Keio est très présente dans le film. Elle relie Shinjuku à la banlieue ouest de Tokyo, dont Tama. Shizuku l’emprunte plusieurs fois, et dès que l’on a des panoramas sur la ville, il y a toujours un train de la ligne qui passe dans le paysage !

IBARAKI :
Shizuku écrit une histoire sur Baron. Elle imagine que nous voyons un monde merveilleux comme cette image.
En réalité, elle est inspirée de la série « Natural History of IBLARD » peintes par le peintre INOUE Naohisa. Alors qu’il était professeur d’art au lycée et fan de Miyazaki, il a envoyé une carte d’invitation pour son exposition.
Contre toute attente, Miyazaki est venu. Ce fut une chance incroyable pour Inoue. Et après la sortie du film, il est devenu peintre célèbre du jour au lendemain.
Pour revenir au thème de cet article, on voit sur cette photo un chemin de fer. C’est dans une ville d’artisans que Le Baron (Humbert von Gikkingen) a été fabriqué. Dans le film, comme on ne voit aucun train, mais il fort probable que cette voie ferrée a un modèle dans le monde réel. Plus précisement, le chemin de fer Hankyu.
La raison est la suivante : le nom IBLARD vient de la ville d’IBARAKI à Osaka où vit Inoue. Il utilise et voit toujours le chemin de fer Hankyu depuis qu’il est très petit.
Il dit que la station Hankyu Umeda est souvent vue sur sa photo. (en bas à droite : gare Hankyu et grand magasin à Osaka)
barâdo Jikan (Le temps d’Iblard) est un film d’animation expérimental de 30 minutes réalisé par le peintre Naohisa Inoue. Il est sorti en DVD et Blu-Ray au Japon en juillet 2007 dans la collection Ghibli ga Ippai. Il présente un voyage visuel dans le monde imaginaire d’Iblard créé par Inoue. Les décors du monde d’Iblard apparaissaient déjà dans certaines séquences de Si tu tends l’oreille, réalisé par Yoshifumi Kondô en 1995, ainsi que dans le court métrage du musée Ghibli Le jour où j’ai acheté une étoile, réalisé par Hayao Miyazaki en 2006.
Le film consiste en un montage de tableaux d’Inoue, en partie animés (des personnages qui marchent, de l’herbe qui bouge au vent…). Il ne raconte pas d’histoire, mais présente plutôt une série de paysages fantastiques qui forment autant d’aperçus du monde d’Iblard et du quotidien de ses habitants. Huit séquences composent le film, chacune présentant une série de paysages rythmée par des musiques différentes. En l’absence de tout dialogue, la musique composée par Kiyonori Matsuo joue un grand rôle dans le film, où elle installe l’ambiance particulière d’Iblard, apaisante et intrigante à la fois.
En 2006, le court-métrage Le Jour où j’ai cultivé une étoile, réalisé par Hayao Miyazaki, adapte plus directement Iblard, mais sa diffusion est réservée aux visiteurs du musée Ghibli. En 2007, Inoue réalise lui-même Iblard Jikan, un court-métrage sorti directement en DVD, qui ne développe pas d’intrigue mais plutôt une promenade musicale dans les paysages d’Iblard.
Il existe, en français, un recueil d’histoires courtes en bande dessinée publiées en 2008 par les éditions Milan dans la collection Kanko : Les chroniques d’Iblard.
Train Factory
Train Factory in the field


Troisième Arrêt : « SOUVENIRS GOUTTE A GOUTTE »
Quel métro ? : la ligne Marunouchi
Contexte, description du train et analyse : Dans ce film d’animation d’Isao Takahata sortit en 1991, on peut voir le métro qui relie le travail de Taeko au centre-ville. Il s’agit d’une ancienne rame de la ligne Marunouchi. Depuis, ces « vieilles » voitures rouges ont toutes été remplacées contre des voitures en aluminium, plus faciles à entretenir, mais certaines rames sont encore utilisées à Buenos Aires. Certains argentins s’étaient étonnés « pourquoi les Japonais jettent-ils de si belles voitures neuves ? »

Le train du voyage de Taeko : L’Akebono
Taeko voyage à bord du train de nuit « Akebono » pour faire le trajet de Tokyo à Yamagata, soit environ 400 km. Le train quitte la gare d’Ueno tard dans la soirée et arrive à Yamagata tôt le matin.
Dans ce train, Taeko repense à son enfance. Aujourd’hui, il n’y a plus de train de nuit entre Tokyo et Yamagata, remplacé par le Shinkansen, plus rapide et plus direct, et parce que certaines personnes préfèrent prendre le premier l’avion du matin plutôt que de passer la nuit dans un train.
Le train de nuit « Akebono » (Tokyo-Akita-Aomori) en gare d’Ueno, d’où partaient les trains longues distance pour le nord du Japon avant l’arrivée du Shinkansen. Ce genre de train de nuit était surnommé « Blue Train », à cause de la couleur bleue des voitures.
Le Shinkansen entre Tokyo et Atami :
Shinkansen est le train à grande vitesse au Japon. Les trains les plus rapides roulent à 300 km/h. Il a été officiellement inauguré en 1964 entre Tokyo et Osaka.
Dans le film, Taeko est très heureuse de pouvoir l’emprunter de Tokyo à Atami. Atami est une célèbre région de sources chaudes éloignée de Tokyo à environ 100 km que vous pouvez parcourir en train en seulement 30 minutes.
Le film se déroule en 1966 soit 2 ans après l’inauguration du Shinkansen. C’est probablement le premier voyage de Taeko en Shinkansen.
De nos jours, sur la ligne Tokaido (Tokyo-Osaka), 300 trains circulent en une journée, chaque train a 16 voitures et 400 m de long.

Les trains du générique de fin :



Arrêt n°4 : « SOUVENIRS DE MARNIE »
Contexte, description du train et analyse : La scène du train se situe vers le début du film car elle la transporte de la maison de sa mère adoptive à ses tantes. Cela apporte un peu de paix entre notre entrée inquiétante d’Anna et le chaos amusant des Oiwa.
C’est le moment pour Anna de réfléchir à sa situation et, même si elle ne l’attend pas avec impatience, cela lui offre l’espace et la liberté dont elle a tant besoin. Le train l’amène physiquement dans un nouvel environnement jugé meilleur pour sa santé et qui, espérons-le, améliorera son asthme. C’est une période de transition entre deux lieux et donne à Anna une certaine indépendance lorsqu’elle part seule.



Arrêt n°5 : « LA COLLINE AUX COQUELICOTS » 
Contexte, description du train et analyse : la scène du train est très courte. C’est un bref instant où Shun, Shiro et Umi se dirigent vers Tokyo pour sauver le club-house. Ils sont en route pour rencontrer Tokumaru, le président, qui a le pouvoir de décider de l’avenir du club-house. Hasard ou coïncidence, les étudiants refont l’intégralité du parcours de la première ligne qui a ouvert au Japon en 1872, entre les gares de Sakuragichō (gare de Yokohama à l’époque) et Shimbashi.
Plusieurs tramways sont également vus dans le film. A l’époque du film, il y avait encore plusieurs lignes de tramway à Yokohama, mais le réseau a été démantelé en 1972. Quelques modèles sont encore visibles au musée du tramway de Yokohama.
Arrêt n°6 : « LE CHATEAU DANS LE CIEL » 
Contexte, description du train et analyse : Cette scène de train représente l’évasion de Pasu et Sheeta . Un lieu majeur du film est la ville minière où vit Pazu, et dans presque tous les plans des mines, vous pouvez voir des wagonnets et des rails. Il y a aussi une scène de poursuite ferroviaire rapide dans le film, mettant en vedette un ingénieur courageux et sa vieille mais fidèle locomotive et se terminant par la présentation d’un magnifique train blindé.
Le conducteur aide Pazu et Sheeta à fuir le gang de pirates de l’air et l’armée de Dola, où lui et son moteur sont confrontés à un train blindé.
Le duo aide le conducteur à faire fonctionner le train puis combat en même temps les pirates.
Cette scène à un aspect comique. On le voit sauter à travers les wagons du train et se faire frapper au visage avec une pelle est tout simplement trop drôle ! Cela montre également combien de personnes sont après le cristal de Sheeta parce que juste après elles sont bloquées par le train de l’armée et que les espions la poursuivent. Enfin, nous voyons à nouveau le pouvoir du cristal (et cette fois Sheeta le voit en étant consciente) alors que les deux tombent des pistes vers le bas.
Il se passe beaucoup de choses dans cette scène et cela renforce vraiment l’action alors que d’autres scènes de train sont une pause paisible. C’est un contraste intéressant les autres scènes de train des films du studio Ghibli.
Le château dans le ciel montre aussi une partie souvent oubliée de l’histoire ferroviaire, le train blindé.
Les trains blindés ont vu le jour au milieu des années 1800 et ont été principalement utilisés aux XIXe et XXe siècles. Leurs premières formes ont été utilisées pendant la guerre civile américaine ainsi que pendant la première et la deuxième guerre des Boers. Ils constituaient un moyen rapide et pratique de transporter l’artillerie lourde, car des objets tels que les voitures et les camions n’en avaient pas la puissance ou n’existaient pas (on attribue à Karl Benz la création de la première véritable automobile en 1885/1886, 20 ans après). la guerre civile américaine est terminée).
Le premier train blindé a été fabriqué pendant la guerre civile américaine. Il s’agissait d’un fourgon à bagages modifié créé pour défendre le chemin de fer de Philadelphie, Wilmington et Baltimore. Il était équipé d’un obusier de 24 livres et d’un blindage en chêne et passe-partout. Il était efficace dans son travail, mais étant coincé sur les rails, il était plus facile à cibler par l’artillerie et les saboteurs.
La conception de base des trains blindés est restée assez cohérente, les trains étaient essentiellement des chars sur rails. Ils avaient un blindage lourd et utilisaient souvent des canons d’artillerie de chars. À mesure que la technologie progressait, les tourelles ont eu la capacité de pivoter, etc., mais la forme et la fonction globales sont restées les mêmes jusqu’à ce qu’elles tombent hors d’usage à la fin des années 1900.
Arrêt n°7 : « KIKI LA PETITE SORCIÈRE »
Contexte, description du train et analyse : Dans ce film, nous pouvons voir de nombreux types de véhicules ou de transports comme des avions, des trains, des voitures, des bus, des tramways, des dirigeables…
Le cadre historique se déroule en Europe dans les années 1940 mais il n’y a pas de guerre mondiale.
Certains disent que c’est l’Allemagne parce qu’on peut y voir des Zeppelin, des voitures Volkswagen et des avions trimoteurs. Certains disent que l’atmosphère du port de pêche ressemble à celle du Portugal ou de l’Italie. On y voit aussi une ressemblance avec Stockholm.
Au début du film, Kiki vole à la recherche d’une ville où commencer son entraînement mais comme il commence à pleuvoir, elle se précipite dans un train.
On peut voir un train de marchandises tiré par une locomotive diesel lorsque Kiki se rend dans la ville balnéaire.
La locomotive porte le signe du NB sur la tête. Il imite peut-être le DB de la Deutsche Bahn, les chemins de fer allemand. Quant au modèle de locomotive, il peut faire penser à la classe MY des chemins de fer danois (DSB).

Cela lui offre, ainsi qu’à Jiji, un abri et elle est réveillée par les vaches sous elle qui lui lèchent les pieds, ce qui la chatouille et c’est vraiment mignon. Elle voit alors la ville balnéaire, la vérifie et décide que c’est ici qu’elle va rester. Qui savait si elle aurait fini là où elle est arrivée sans ce trajet en train et si elle ne s’était pas réveillée à ce moment-là. Sa vie entière pourrait être différente si elle n’était pas là où elle a fini et c’est fou d’y penser !
Les Tramways :
On peut voir plusieurs tramways dans la grande ville du film.
A noter que Kumaden existe réellement, c’est le surnom d’une petite compagnie de train à Kumamoto, sur l’île de Kyûshû.
Arrêt n°8 : « LE VOYAGE DE CHIHIRO »
(train imaginaire)
Contexte, description du train et analyse : La scène du train Chihiro est une des plus célèbres de l’histoire de l’animation.
Face aux épreuves imposées par le monde des esprits, la gamine prend les choses en mains. Elle décide de rendre visite à la sœur de Yubaba, sorcière elle aussi, pour libérer son ami Haku d’un mauvais sortilège. Pour se rendre chez elle, Chihiro doit monter à bord d’un train, un voyage de deux minutes accompagnée du Sans-Visage, et deux créatures (victimes également de Yubaba), ils traversent la mer au son du piano de Joe Hisaishi.
Cette scène est visuellement incroyable et captivante car elle laisse place à la contemplation et l’imagination. Il offre une pause, une rupture suite à la scène précédente très rapide. Ici, les images lentes défilent et nous rappellent les voyages que l’on tous pu effectuer au calmes en train. Il suffit d’admirer le paysage et de se laisser porter pour se détendre en attendant d’arriver à destination, là où tout commence. Ce j’apprécie avec les trains et qui est parfaitement représenté dans cette scène, c’est qu’ils comblent le vide mais il ne sont pas le vide, on appuie sur pause, une période propre à la réflexion et parfois une petite sieste.
À ce moment-là, même si ce n’est pas écrit, Chihiro se demande forcément ce qui va suivre et comment va se dérouler sa rencontre avec Zeniba. On perçoit ses questions comme elle regarde simplement le paysage. L’aspect visuel de ce train qui ressemble à un train de banlieue nous laisse supposer que Chihiro se trouve à la croisée des chemins et des mondes, entre le royaume de Yubaba et la japon du présent.
Le paradoxe c’est que ce monde parait si vaste, l’imagination n’a aucune limite et à la fois le temps passe, on avance et l’espace peut paraitre étroit à l’image de l’espace fermé ce wagon dans lequel ils se dirigent vers leur destination prévue. Un train a sens unique.
Chihiro monte dans l’un des vieux wagons après que le contrôleur ait déchiré son billet. Contemplative et dépourvue de dialogues, cette est un magnifique jeu de composition, combinant animation numérique et traditionnelle, qui suspend le temps pour repréciser ses enjeux.
RÉMINISCENCES du passé :
La liaison entre l’imaginaire et le réel, colonne vertébral du film, se révèle pleinement à cet instant de plein conscience. Malgré des éléments familiers de nos vies quotidiennes, les habits, les bagages…. Nous ne sommes donc pas revenu chez les vivants, les images montrent cet entre-deux .
Cette scène dévoile également des personnages sans particularité, des passagers sur lesquels de nombreux fans ont pu spéculer. Je pense qu’il est intéressant de ne pas oublier qu’ils font partie du voyage de Chihiro et imaginer la raison pour laquelle ils sont dans le train. Où vont-ils? Qui sont-ils? Cette scène élargit un monde dans lequel nous nous avançons à chaque arrêt, le temps qui passe avec tous les passagers qui resteront inconnus.
Ces passagers qui voyagent avec elle, qui regagnent leur famille, ont tout d’employés rentrant chez eux. Hayao Miyazaki les dessine comme des ombres, des silhouettes grisâtres, raides et dénuées d’expressions. Leur nature exacte n’est pas précisée, mais le cinéaste laisse dans ses esquisses de curieux détails. Ces gens ont l’air de travailleurs japonais, des gens qui n’existent plus en dehors de l’entreprise, en dehors du collectivisme immanent des sociétés du pays. En dehors de leur poste, en tant qu’individu, ces salariés perdent leur couleur, répercussion d’une industrialisation qui démunirait l’être humain de son identité.
On peut voir aussi un lien à une nation traumatisée de la Seconde Guerre mondiale, et l’horreur atomique d’Hiroshima et Nagasaki. Ces voyageurs, installés dans un train qui ne promet aucun retour, portent la couleur de la cendre. L’espace d’une seconde, le long-métrage se pose sur une fillette qui attend sur le quai, tandis que le train quitte la gare. Une fillette qui patiente le retour d’un parent, peut-être d’un soldat qui ne reviendra pas. Personne ne la rejoint. Les décors qui bordent les rails laissent songeurs sur l’horizon/l’avenir. L’on discerne la mer, à perte de vue. Puis une maison, entourée par les flots. Les signes de civilisations sont moindres, invisibles ou possiblement détruits, à l’exception de ce wagon qui file vers l’horizon.
GRANDIR pour se tourner vers son futur :
Miyazaki a reconnue que la scène du train synthétise la fin du voyage pour Chihiro – son premier sujet étant la progression intérieure de cette dernière. Chihiro est, d’abord, présentée comme une jeune fille boudeuse, pleurnicheuse et passive. Arrachée à ses parents changés en cochon (la faute à leur manque de respect), elle est baladée dans un établissement qui la charge immédiatement de tâches peu glorieuses. Par le labeur et l’entraide, elle grandit et gagne confiance en elle, tout en se connectant aux plus anciennes valeurs de la société japonaise. Elle prend des initiatives, devient actrice de son histoire. C’est finalement elle qui choisit de sauver ses amis, elle qui choisit de monter dans ce train.
Prendre le train seul est une marque d’autonomie. Elle nécessite d’affronter la peur de l’inconnu. L’on ne lit aucune appréhension dans ses yeux. Les personnages mentionnent un aller sans retour possible, description sommaire mais universelle de la vie : l’on avance, sans possibilité de revenir sur ses pas ou d’arrêter le cours des choses. On voit que Chihiro en prend conscience dans cette scène.
Assise là, alors que la nuit tombe, elle fixe fermement l’avant du train, la tête tournée en direction du futur. Son regard est déterminé, elle est prête pour ce qui viendra. Son reflet dans la vitre la devance légèrement, comme si la gosse d’aujourd’hui anticipait celle de demain. A ce moment précis où le long-métrage semble s’arreter pour respirer, Chihiro est devenue grande.
Chihiro voyage en train jusqu’à la sixième station. Lorsque le train passe la deuxième station, on peut une jeune fille sur le quai qui a fait parler d’elle. Plusieurs articles sur internet ont cherché une connexion avec un autre personnage des films du studio Ghibli. Ce lien n’a jamais été officiellement confirmé par Miyazaki ni un membre du studio Ghibli. Personnellement, je n’y crois pas trop.
Arrêt n°9 : « MON VOISIN TOTORO » 
Il ressemble à un wagon du tramway Toden qui fonctionnait autrefois à Tokyo. Pour la petite histoire, ce modèle se trouve aujourd’hui dans la ville de Muroyama, dans la préfecture de Saitama. Je vous invite à le découvrir ici : https://japonsecret.fr/totoro-train/
Il a été fabriqué en 1954 par la Nippon Sharyo. Mis à la casse en 1968, il a été donné au village. L’école maternelle Shinshikimura Nakayoshi, créée la même année, a fait don de la voiture et l’a utilisée comme lieu d’apprentissage et de jeu.
J’ai trouvé d’autres articles qui font références aux tramways Hanamaki DEHA22 et Yamagata Sanzan line MOHA103.
Arrêt n°10 : « LE VENT DE LÈVE »
Contexte, description du train et analyse : J’aime beaucoup cette scène de train. Je la vois comme une introduction aux deux principaux personnages et surtout leur première rencontre. Montant à bord du train, Jiro se dirige vers la région de Kanto au Japon. Au cours du voyage, il rencontre pour la première fois Naoko, une jeune fille voyageant avec sa servante.
Nous commençons par voir Jiro céder son siège à une femme dans ce train bondé, puis se déplacer vers l’arrière de la voiture où il commence à lire. Cela montre son comportement bienveillant ainsi que son engagement envers les universitaires. La voiture suivante a une jeune Naoko qui récite de la poésie et fait des bêtises. C’est un personnage très rafraîchissant. Ils se rencontrent de manière mignonne lorsqu’elle empêche l’aht de Jiro de s’envoler. Il l’aide ensuite, ainsi que son soignant, une fois que le tremblement de terre a fait paniquer tout le monde, à descendre du train et à chercher un abri. Jiro est intelligent, altruiste et serviable dans cette scène car il prend soin d’eux, ce qui le laisse comme une figure très héroïque lors de leur première rencontre et tout cela à cause du train et du tremblement de terre. Cela les prépare à leur future rencontre où ils racontent cette époque et commencent à tomber amoureux.
Une chose que j’aime vraiment dans le film « The Wind Rises » est le nombre incroyable de trains qui s’y trouvent ainsi que les différentes bases qu’ils représentent. Cela montre vraiment à quel point les machines à vapeur ont marqué l’histoire et modifié l’ingénierie.
Arrêt n°11 : « LE CHATEAU AMBULANT »
Contexte, description du train et analyse : vous pensez peut être que dans ce film, le train n’est vraiment pas important pour l’histoire ? Vous avez raison. Mais le train représente quelque chose d’assez étonnant. Sophie a passé tout son temps à travailler dans la chapellerie, à prendre en charge l’entreprise familiale et à être responsable. Sa chambre donne sur la voie ferrée et elle la voit donc tous les jours. C’est tout simplement une chose normale pour elle et cela ne veut vraiment rien dire tant qu’elle n’est pas à la maison. Lorsque Howl réajuste le château avec de nouveaux emplacements, il en choisit un dans sa ville natale et comment Sophie (et le public) le reconnaissent-ils ? Le train. C’est comme ça que Sophie sait qu’elle est chez elle. C’est un beau geste de la part de Howl car il a élu domicile, avec leur nouvelle famille réunie, dans la ville natale de Sophie parce qu’il savait qu’elle voulait qu’elle se sente chez elle. C’est un geste réfléchi et le train contribue à représenter la maison de Sophie.


Arrêt n°12 : « LE TOMBEAU DES LUCIOLES »
Analyse : Pour être honnête, je trouve que cette scène de train est tellement triste. Je déteste le dénouement tragique mais ce film est magnifique en même temps. Seita meurt dans une gare. Il y est allé parce qu’il n’avait nulle part où aller et aucun argent. Il n’était pas le seul non plus, on voit beaucoup de jeunes enfants mourir ou morts dans cette gare et les hommes d’entretien cherchent à les enlever. C’est navrant de voir cela.
Lorsque Seita et Setsuko sont réunis sous forme de fantômes, ils montent à bord du train. L’éclairage est rouge, ce qui me fait penser que c’est un purgatoire car ils vivent encore leur vie insatisfaite en regardant la nouvelle ville du futur bien qu’ils appartiennent à une époque antérieure. Ce qui est encore plus triste et pourtant, comme vous pouvez le voir sur le gif, Setsuko a l’air si heureux car ils ne souffrent plus. C’est beau parce qu’ils sont réunis mais tellement triste car ils sont coincés dans la mort. Le train est uniquement fixé sur la ligne entre la vie et la mort et marque cette transition.
Arrêt n°13 : « LE GARÇON ET LE HERON »
En route de la gare à sa nouvelle maison, Mahito et Natsuko s’arrêtent pour cette procession dans la rue. Que se passe-t-il ?
les gens se regroupent pour accompagner les soldats qui partent à la guerre. À cette époque, ils avaient besoin de tous les hommes valides pour se battre et ils avaient également commencé à entraîner la population civile. Lorsque un nouveau conscrit va en guerre. Tout le monde est censé s’arrêter et lui rendre hommage lors de la procession, mais l’atmosphère est lourde car ils savent les risques qu’il encoure et qu’ils l’issue de la guerre pour la Japon est incertaine.
Cette gare ressemble un peu au village qui sépare les deux mondes au début du voyage de Chihiro.
A moins que cette station ne soit une référence caché à la gare de « Martins Heron », une banlieue à l’est de Bracknell, Berkshire, en Angleterre 🙂 Il se trouve à 31 miles sur la ligne de Londres Waterloo, entre Ascot et Bracknell sur la ligne Waterloo à Reading. La gare et tous les trains qui la desservent sont exploités par South Western Railway.
Merci pour votre lecture de ce dossier. Et vive la passion du studio Ghibli !