Il faut remercier le distributeur The Jokers qui nous offre cette très belle rétrospective. Je peux vous assurer que vous pouvez aller au cinéma voir ces films, vous ne serez pas déçu, dans des genres très différents. Mais avec des messages d’une puissance intemporelle. Il s’agit là de trois oeuvre majeures de l’histoire du cinéma japonais.

Shohei Imamura porte un regard unique sur le Japon. Ses films se distinguent par un regard anthropologique sur les classes populaires et les marginaux de la société. Loin du raffinement esthétisant de ses contemporains, il plonge au cœur des instincts humains les plus bruts. Imamura explore la sexualité, les pulsions et les forces irrationnelles qui gouvernent les comportements humains. Son style est réaliste et cru, souvent teinté d’humour noir. Il refuse tout sentimentalisme et tout jugement moral. Les femmes sont au centre de son cinéma, l’image d’orin dans la ballade de Narayama. Ce sont des figures fortes, force de vie, de résiliance et d’intelligence (contrairement aux hommes). Elles incarnent une résistance face aux structures oppressives de la société.
« Pluie noire » marque un tournant dans l’œuvre d’Imamura. Tourné en noir et blanc, le film traite de la bombe atomique d’Hiroshima. Il suit une jeune femme marquée par les radiations, rejetée par une société qui la soupçonne d’être contaminée. C’est une œuvre grave sur la mémoire traumatique et la culpabilité collective.
« La Vengeance est à moi « retrace la cavale d’un tueur en série réel dans le Japon des années 60. Imamura refuse toute explication psychologique facile. Il livre un portrait froid et dérangeant d’un homme opaque, produit d’une société hypocrite et répressive.
Deux fois récompensé par une Palme d’or au festival de Cannes, avec La Ballade de Narayama (1983) et L’Anguille (1997), Imamura Shohei est et restera le réalisateur qui célèbre celles et ceux que la société cherche à écraser ou à oublier.
Trois films de Shohei Imamura à voir au cinéma
La vengeance est à moi (1979)
L’histoire : En octobre 1963, la police découvre les cadavres de deux collecteurs de taxes dans la campagne. Le suspect est l’un de leurs collègues : Iwao Enokizu, un escroc plusieurs fois condamné. Réfugié dans une auberge d’Hamatsu, Enokizu se fait passer pour un professeur d’université et poursuit ses méfaits alors que son portrait est affiché dans tout le Japon. L’histoire vraie d’un tueur sans scrupules que la société a transformé en monstre.
La bande annonce :
La Ballade de Narayama (1983)
L’histoire : Orin, une vieille femme des montagnes du Shinshu, atteint l’âge fatidique de soixante-dix ans. Comme le veut la coutume, elle doit se rendre sur le sommet de Narayama pour être emportée par la mort. La sagesse de la vieille femme aura d’ici-là l’occasion de se manifester.
La bande annonce :
Pluie noire (1989)
L’histoire : Hiroshima – 6 Août 1945. La vie suit son cours, comme tous les jours. Un terrible éclair déchire le ciel. Suivi d’un souffle terrifiant. Et l’Enfer se déchaîne. Des corps mutilés et fantomatiques se déplacent parmi les amas de ruines. Au même moment, Yasuko faisait route sur son bateau, vers la maison de son oncle. Une pluie noire s’est alors abattue sur les passagers. Ils ne savaient pas, ils ne savaient rien Quelques années plus tard, les irradiés sont devenus des parias dans le Japon d’après-guerre.
La bande annonce :
