Du 12 au 23 mai 2026 aura lieu la 79e édition du Festival de Cannes. La sélection officielle vient d’être dévoilée et le cinéma japonais occupe une place importante. Du beau monde avec les trois réalisateurs contemporains que je préfère, dans l’ordre Hirokazu Kore-eda, Kiyoshi Kurosawa et Ryusuke Hamaguchi. Chacun s’aventure dans un genre ou un univers que l’on n’attendait pas. Kiyoshi Kurosawa dans le genre chanbara, le film de sabre historique. Kore eda va nous dévoiler sa vision de l’IA avec un enfant robot. Ryusuke Hamaguchi un film tourné en France, lui qui admire tant le cinéma français, en particulier les films d’Alain ReSnais, Robert Bresson et Eric Rhomer.
Le Japon sera aussi le pays à l’honneur du Marché du Film 2026 (une première). Dans cet article, découvrez chacun des cinq films japonais sélectionnés en compétition.
J’espère avant tout que ces films seront de qualité et qu’ils obtiendront une récompense au festival de Cannes. Un évènement que j’apprécie chaque année devant ma télévision. Pas pour les paillettes mais parce que cela permet de découvrir et de révéler les talents du monde entier.
Présentation des 5 films japonais en compétition
« Quelques jours à Nagi » réalisé par Koji Fukada (Compétition OFFICIELLE)
Titre original : Nagi Notes

Koji Fukada, révélé à Cannes avec Harmonium (Prix du Jury 2016), fait son retour en compétition officielle. Cinéaste de la fissure domestique et des silences qui trahissent, il explore ici les tensions qui traversent des existences apparemment ordinaires. Le titre évoque une durée suspendue, quelques jours dans une ville japonaise, le temps d’une rupture ou d’un recommencement. Fukada excelle à filmer ce qui se joue sous la surface des relations — la trahison latente, le non-dit érigé en mur. Un film attendu comme l’une des propositions les plus subtiles de la compétition.
L’histoire :Yuri, architecte divorcée, rend visite à son ancienne belle-sœur Yoriko, sculptrice installée dans le village de Nagi. Ce séjour, d’abord envisagé comme une simple parenthèse, prend une tournure inattendue lorsque Yuri accepte de poser pour elle. Au fil des séances, les silences se peuplent de souvenirs, et un lien profond, longtemps enfoui, ressurgit entre les deux femmes. Loin de l’agitation de Tokyo, Yuri se laisse gagner par la douceur du quotidien rural et la vie des habitants. Les jours passent comme si quelque chose, ici, l’invitait à rester.
La bande annonce :
« SOUDAIN » réalisé par Ryusuke Hamaguchi (Compétition OFFICIELLE)

Palme d’or 2021 pour Drive My Car, Hamaguchi revient avec un nouveau film dont le titre seul — Soudain — annonce une irruption, un basculement inattendu dans le cours d’une vie. Héritier d’une tradition japonaise du récit intimiste, il construit des œuvres où la parole est à la fois refuge et gouffre, où les personnages cherchent dans le langage ce que les corps ne peuvent plus exprimer. Ce cinquième long-métrage en compétition à Cannes confirme sa place parmi les voix les plus singulières du cinéma mondial. L’événement japonais de cette édition 2026.
L’histoire :
La bande annonce :
« SHEEP IN THE BOX » réalisé par Hirokazu Kore-eda (Compétition OFFICIELLE)

Palme d’or 2018 pour Une affaire de famille, Kore-eda est l’un des rares cinéastes à avoir transformé la douceur en style radical. Ses films explorent la famille dans tous ses états — recomposée, fracturée, inventée — avec une patience et une tendresse qui n’excluent jamais la lucidité. Présent à Cannes depuis les années 1990, il y revient comme on revient chez soi, avec ce regard caractéristique posé sur les liens qui unissent et qui blessent. La nature exacte de ce nouveau projet reste encore peu documentée, mais son seul nom suffit à susciter les plus vives attentes.
L’histoire : Dans un futur proche, Otone et son mari Kensuke, qui ont perdu leur enfant, se voient proposer un robot humanoïde totalement identique à leur fils.
La bande annonce :
« De toutes les nuits, les amants » réalisé par Yukiko Sode (Catégorie Un Certain Regard)

Yukiko Sode, l’une des voix émergentes les plus remarquées du cinéma japonais contemporain, présente ce film dans la section Un Certain Regard. Après Anime wo Tsunagu (2022), elle s’interesse à nouveau les relations amoureuses à travers leur complexité psychologique, filmées avec une précision émotionnelle rare. Le titre, poétique et nocturne, évoque la permanence du désir à travers l’obscurité du temps. Une œuvre qui devrait s’imposer comme l’une des découvertes majeures de cette édition, dans une section traditionnellement propice aux révélations et aux premières fois marquantes sur la Croisette.
L’histoire : Fuyuko mène une vie discrète et solitaire, rythmée par son travail de traductrice et quelques rares sorties avec une collègue extravertie. Sa rencontre fortuite avec un professeur de physique, avec qui elle partage une fascination pour la lumière, vient peu à peu bousculer ses habitudes. À son contact, Fuyuko commence à regarder le monde différemment, sort de son isolement et se confronte, pour la première fois, à ce qu’elle n’avait jamais osé vivre.
« Le Château d’Arioka » réalisé par Kiyoshi Kurosawa (Catégorie Cannes Première)

Kiyoshi Kurosawa s’aventure dans le chanbara, le film de sabre historique. Au cœur du Japon féodal, Araki Murashige, révolté contre la tyrannie d’Oda Nobunaga, se retranche dans son château assiégé. Mais c’est à l’intérieur des murs qu’éclate le vrai danger : un meurtre mystérieux sème la paranoïa. Pour démasquer le traître, Murashige s’allie à l’un de ses propres prisonniers. Kurosawa transforme la forteresse en chambre close, le film de genre en tragédie de la méfiance. Un détour inattendu, fascinant par définition.
L’histoire : À l’époque Azuchi Momoyama, Araki Murashige, un samouraï au service d’Oda Nobunaga, finit par se rebeller contre son seigneur et se retrancha dans le château d’Arioka. Alors que le siège s’éternisait, un meurtre d’une brutalité incompréhensible fut commis à l’intérieur des murs du château. Personne n’étant en mesure de résoudre ce crime, la peur et les tensions montaient ; Murashige se tourna alors vers un homme qu’il avait lui-même jeté dans un cachot : Kuroda Kanbei. Considéré comme l’un des plus grands stratèges militaires de la période Sengoku, celui-ci commença à fournir à Murashige des indices pour résoudre le mystère.
La bande annonce :