Hope : Na Hong-jin est de retour pour le meilleur du cinéma
Un cinéaste hors norme :
Il y a des réalisateurs qui construisent une carrière, et d’autres qui construisent une légende. Na Hong-jin appartient à la seconde catégorie. En trois films seulement, cet Sud-Coréen discret s’est imposé comme l’une des voix les plus singulières du cinéma de genre mondial, un cinéaste capable de transformer un thriller d’action en cauchemar existentiel, une enquête policière en plongée dans les abysses de l’âme humaine. Cannes l’a repéré très tôt, et chacune de ses œuvres y a trouvé sa scène : des séances de minuit fiévreuses aux projections hors compétition qui ont électrisé la Croisette.
Puis le silence. Dix ans sans film. Dix ans pendant lesquels les cinéphiles ont guetté les moindres signes de vie, les projets annoncés puis abandonnés, les rumeurs qui circulaient. Qu’est-ce qui peut pousser un cinéaste au sommet de son art à s’éclipser aussi longtemps ? La réponse, peut-être, se trouve dans Hope.
Un film qui refuse d’être ce qu’on attend :
L’histoire se déroule dans un village portuaire isolé, quelque part près de la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées, cette frontière fantôme chargée de toute l’histoire du XXe siècle. Un jour, quelque chose arrive. Les secours ne viennent pas. Les communications sont coupées. Les habitants se retrouvent seuls face à une menace qui dépasse leur entendement.
Dire davantage serait trahir l’expérience que Na Hong-jin a conçue. Ce qu’on peut affirmer, c’est que le film convoque à la fois la science-fiction, l’horreur et le thriller sans jamais appartenir pleinement à aucun de ces genres. Il suffit de voir la bande annonce pour savoir que ce sera un bon film, c’est de plus en plus rare. Le casting mêle les plus grandes stars du cinéma coréen à des acteurs internationaux dans des rôles que personne n’aurait pu anticiper. Le résultat est une œuvre qui prend des risques, qui surprend, et qui ne ressemble à rien de ce que l’on voit habituellement sur les écrans.
Six minutes qui disent long sur la qualité de ce film :
Quand les lumières se sont rallumées au Grand Théâtre Lumière, à l’issue de la première mondiale, quelque chose d’inhabituel s’est produit. Six minutes d’ovation, l’une des plus longues et des plus spontanées de cette édition. Pour un film en compétition pour la Palme d’or, c’est un signal rarement trompeur.
On ne connaît pas la date de sortie de « Hope » au cinéma en France. Mais Na Hong-jin a glissé en conférence de presse qu’une suite était déjà écrite, prête à tourner.
Hope ne se laissera pas facilement oublier. J’espère qu’il sera récompensé par le jury préside par Park Chan Wook. Réponse le 23 mai.
La première bande annonce :
Extrait du film :
L’affiche
L’histoire : Les renforts sont partis maîtriser des feux de forêt et toutes les communications sont coupées. Au poste de police de Hope, Bum-seok et Sung-ae se démènent pour défendre leur village à la population vieillissante. Pendant ce temps, Sung-ki et ses amis partent à la poursuite de la bête dans la montagne mais se retrouvent eux-mêmes pris pour cible. Le malheur émane de l’ignorance. Après des avis divergents, il se transforme en une catastrophe qui touche l’univers entier.