C’est une légende de l’animation qui revient pour notre plus grand plaisir. Ulysse, Ulysse, on se souvient tous et toutes de ce générique et de son énergie communicative au début des années 80.
Merci à Jean Chalopin (Les Mystérieuses Cités d’Or, Inspecteur Gadget), auteur et producteur de l’anime, Nina Wolmark (Rahan, Les Mondes Engloutis) et au dessinateur Bernard Deyriès. Ensemble, ils ont créé une oeuvre qui traverse les générations.
La chaîne payante Mangas propose désormais Ulysse 31 en version restaurée depuis le 5 avril. C’est l’occasion de retrouver l’une des séries d’animation les plus marquantes de la coproduction franco-japonaise, dans une qualité d’image digne de ce qu’elle mérite. Voici le lien : https://www.mangas.fr/
Revoir cet anime est à la fois un moment de nostalgie mais aussi l’occasion de revoir cette œuvre intemporelle. Voici un bel hommage de Pierre Lescure : https://www.france.tv/france-5/c-a-vous/saison-17/8396037-ne-en-81-ulysse-31-revient-l-oeil-de-pierre-lescure.html
Maintenant, j’ai hâte de la sortie de cette version restaurée en dvd !

L’histoire : Au 31è Siècle, Ulysse quitte la base de Troie à bord de l’Odysseus pour retourner sur Terre. Son équipage et son fils Télémaque l’accompagnent. Attaqués en chemin par une boule de feu qui kidnappe l’enfant, ils découvrent le Cyclope, qui le retient prisonnier, et le détruisent. Libérant au passage d’autres victimes (Thémis et son frère Noumaïos), mais provoquant aussi la colère des dieux dont le Cyclope était une créature…
Le générique :
La genèse d’un anime à part dans l’histoire de l’animation

Le projet naît en 1979 à l’initiative de Jean Chalopin et de la société DIC Audiovisuel, qui cherche à produire une série à vocation internationale. Pour y parvenir, DIC s’associe au studio japonais Tatsunoko Production, réputé pour ses grandes sagas animées — un mariage inédit entre savoir-faire hexagonal et animation nippone.
L’idée centrale : transposer l’Odyssée dans l’espace, traduit une volonté de croiser la mythologie grecque avec le space opera alors en plein essor, porté par le succès mondial de Star Wars en 1977 et, côté japonais, par l’influence durable de Yamato. La dimension épique du texte d’Homère trouve dans l’infini galactique un territoire naturel.
La direction artistique est confiée à Shingo Araki, dessinateur dont le style élégant et dramatique façonnera durablement l’identité visuelle de la série. Son trait, unique et à mon sens inégalé dans l’histoire de l’animation, dote les personnages d’une expressivité rare pour une production télévisée de l’époque, et contribue à l’aura particulière qu’Ulysse 31 conserve encore aujourd’hui.
Un générique devenu mythe : La musique originale, composée par Denny Crockett et Haim Saban, joue un rôle central dans l’atmosphère de la série. Le générique français, interprété par Lionel Leroy, s’impose rapidement comme l’un des plus mémorables de l’animation télévisée des années 1980 au point de précéder, dans les mémoires, la série elle-même.
Un succès pensé pour le monde. Diffusée pour la première fois au Japon en octobre 1981 sous le titre Uchu Densetsu Ulysses 31, la série en 26 épisodes connaîtra un accueil particulièrement fort en France, en Italie et au Royaume-Uni, esquissant ce modèle de coproduction qui influencera durablement l’animation franco-japonaise.
Pourquoi voir l’Ulysse 31 version restaurée sur la chaîne Mangas ?

La restauration proposée par la chaîne Mangas restitue enfin la profondeur chromatique de l’animation originale. Les décors, nébuleuses, temples galactiques, silhouettes de dieux grecs métamorphosés en entités cosmiques, retrouvent une précision que les diffusions télévisées n’avaient jamais vraiment permis d’apprécier. Les lignes claires de l’animation, le soin apporté aux expressions des personnages, la direction artistique de Shingo Araki : tout cela prend soudain une autre dimension.
Mais ce qui frappe davantage, au-delà de la technique, c’est la tonalité de la série. Ulysse 31 n’hésitait pas à frôler le tragique, à laisser ses personnages dans l’échec ou dans le silence. Cette gravité, rare dans une production destinée à la jeunesse, explique en partie pourquoi la série a traversé les décennies sans perdre sa charge émotionnelle.
Revoir Ulysse 31 en version restaurée sur la chaîne Mangas, c’est moins une plongée dans la nostalgie qu’un vrai travail de regard sur ce que le dessin animé pouvait accomplir quand il prenait le temps de raconter.