Le guide complet des films japonais au festival de Cannes 2026
Le Festival de Cannes 2026, dont la 79e édition se tient du 12 au 23 mai sur la Croisette, est une édition particulièrement historique pour le cinéma japonais. Le Japon est cette année à l’honneur du « Marché du Film », une reconnaissance inédite qui met en lumière plus d’un siècle de création cinématographique. Et la sélection officielle est à la hauteur de l’événement : pas moins de cinq films japonais figurent dans les différentes sections, portés par des cinéastes de premier plan. Voici le guide complet des films japonais à Cannes 2026.
Avant même d’évoquer les films en compétition, il faut souligner l’ampleur de la présence japonaise cette année. Le Marché du Film a choisi le Japon comme Pays à l’honneur pour la première fois. Des conférences dédiées à l’industrie cinématographique japonaise, une journée spéciale de projections et une délégation renforcée au Pavillon japonais sont au programme. C’est une reconnaissance officielle du rôle central du Japon dans le cinéma mondial, des maîtres classiques comme Akira Kurosawa ou Yasujirō Ozu jusqu’aux auteurs contemporains qui font la réputation de la sélection cannoise chaque année.
Cette année, trois cinéastes japonais sont en compétition officielle pour la Palme d’or, auxquels s’ajoutent un film en Un Certain Regard et une présence en Quinzaine des Cinéastes. Un panorama exceptionnel.
En compétition officielle : trois films japonais en lice pour la Palme d’or
« Soudain » réalisé par Ryūsuke Hamaguchi

Soudain est sans doute le film le plus attendu de toute la sélection cannoise 2026. Ryūsuke Hamaguchi revient sur la Croisette cinq ans après avoir remporté le Prix du scénario avec Drive My Car, film qui avait ensuite décroché l’Oscar du Meilleur film international. Avec Soudain, le cinéaste signe une première décisive : son premier film tourné en dehors du Japon, en langue française, au cœur d’un EHPAD en banlieue parisienne.
Le film s’inspire de vingt lettres échangées entre Maoko Miyano, philosophe atteinte d’un cancer du sein métastatique, et Maho Isono, anthropologue. Marie-Lou (Virginie Efira), directrice d’établissement, s’efforce d’y instaurer une philosophie de soins fondée sur l’écoute et la dignité des résidents, malgré les résistances de son équipe. Sa rencontre avec Mari (Tao Okamoto), une metteuse en scène japonaise en lutte contre un cancer, va transformer son regard sur la vie. Le film dure 3h15 et sort en salles françaises le 12 août 2026.
Hamaguchi est l’un des rares cinéastes contemporains capables de filmer la parole et la vulnérabilité avec une telle précision. Sa capacité à traverser les barrières culturelles prend ici une forme inédite. Ce film franco-japonais-belge-allemand pourrait bien être l’événement de la sélection.
L’histoire : Directrice d’un établissement pour personnes âgées, Marie-Lou tente d’y instaurer une philosophie de soins innovante basée sur l’écoute et la dignité des résidents, malgré la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire. En nouant une amitié profonde, les deux femmes engagent ensemble un combat pour “rendre possible l’impossible”.
La bande annonce :
« Sheep in the Box » réalisé par Hirokazu Kore-eda

Hirokazu Kore-eda, Palme d’or en 2018 pour Une affaire de famille, effectue un grand retour en compétition avec Sheep in the Box. Il s’agit de sa première incursion dans la science-fiction, un territoire nouveau pour le cinéaste des interstices familiaux.
Dans un futur proche, Otone (Haruka Ayase) et son mari Kensuke (Daigo Yamamoto) ont perdu leur enfant. On leur propose alors un robot humanoïde, réplique exacte de leur fils disparu. Le film interroge le deuil, la mémoire et l’identité à travers le prisme de la technologie. Le titre ferait référence à un passage du Petit Prince de Saint-Exupéry. Sheep in the Box sort en salles françaises le 16 décembre 2026.
Kore-eda a toujours su aborder les thèmes de la famille et de l’enfance avec une tendresse et une rigueur rares. En choisissant la science-fiction, il ne change pas de terrain mais change d’outil. La question de ce qu’est un enfant — biologique, affectif, artificiel est au cœur de son cinéma depuis ses débuts.
L’histoire : Dans un futur proche, Otone et son mari Kensuke, qui ont perdu leur enfant, se voient proposer un robot humanoïde totalement identique à leur fils.
La bande annonce :
« Quelques Jours à Nagi » réalisé par Kōji Fukada

Kōji Fukada complète ce trio d’exception. En 2016, il avait remporté le Prix du Jury de la section Un Certain Regard avec son thriller psychologique Harmonium. Il monte cette année en compétition officielle avec Quelques Jours à Nagi, un film au registre beaucoup plus intimiste.
Yuri, architecte divorcée, rend visite à son ancienne belle-sœur Yoriko, sculptrice installée dans le village rural de Nagi. Ce qui devait être une simple parenthèse prend une tout autre tournure lorsque Yuri accepte de poser pour elle. Au fil des séances, les silences se peuplent de souvenirs et un lien profond, longtemps enfoui, ressurgit entre les deux femmes. Loin de Tokyo, quelque chose, ici, l’invite à rester.
Fukada est l’un des cinéastes japonais les plus subtils de sa génération, à l’aise dans l’ambiguïté des relations humaines. Quelques Jours à Nagi semble prolonger la veine contemplative de son cinéma, quelque part entre Ozu et Rohmer.
L’histoire :Yuri, architecte divorcée, rend visite à son ancienne belle-sœur Yoriko, sculptrice installée dans le village de Nagi. Ce séjour, d’abord envisagé comme une simple parenthèse, prend une tournure inattendue lorsque Yuri accepte de poser pour elle. Au fil des séances, les silences se peuplent de souvenirs, et un lien profond, longtemps enfoui, ressurgit entre les deux femmes. Loin de l’agitation de Tokyo, Yuri se laisse gagner par la douceur du quotidien rural et la vie des habitants. Les jours passent comme si quelque chose, ici, l’invitait à rester.
La bande annonce :
Section un Certain Regard
« De toutes les nuits, les amants » réalisé par Yukiko Sode

Dans la section Un Certain Regard, Yukiko Sode fait une entrée remarquée avec De toutes les nuits, les amants. Il s’agit de sa première sélection à Cannes toutes catégories confondues, et elle y adapte le roman de Mieko Kawakami, autrice japonaise de plus en plus reconnue à l’international, notamment pour Les Seins et les Œufs.
Le film suit Fuyuko, correctrice au mode de vie discret et solitaire. Sa rencontre fortuite avec un professeur de physique, qui partage avec elle une fascination pour la lumière, va peu à peu bousculer ses habitudes et l’amener à affronter ce qu’elle n’avait jamais osé vivre.
L’histoire : Fuyuko mène une vie discrète et solitaire, rythmée par son travail de traductrice et quelques rares sorties avec une collègue extravertie. Sa rencontre fortuite avec un professeur de physique, avec qui elle partage une fascination pour la lumière, vient peu à peu bousculer ses habitudes. À son contact, Fuyuko commence à regarder le monde différemment, sort de son isolement et se confronte, pour la première fois, à ce qu’elle n’avait jamais osé vivre.
Section Cannes Première
« Le Château d’Arioka » réalisé par Kiyoshi Kurosawa

Habitué d’Un Certain Regard, Kiyoshi Kurosawa est cette année invité en Cannes Première avec Le Château d’Arioka. Le réalisateur de Tokyo Sonata s’attaque à un genre inhabituel pour lui : le chanbara, le film de sabre japonais.
Dans le Japon féodal, le seigneur Murashige se retranche dans son château et y retient prisonnier son ennemi, le stratège Kanbei, qu’il choisit d’épargner. Au fil des saisons, des crimes inexpliqués viennent troubler l’ordre des lieux. Murashige mène l’enquête, mais chaque fois se heurte à une pièce manquante que seul Kanbei, depuis sa cellule, semble capable de déchiffrer. Une sorte de chambre close à l’échelle d’une forteresse, un dispositif qui, entre les mains de Kurosawa, promet une œuvre déroutante et maîtrisée.
L’histoire : À l’époque Azuchi Momoyama, Araki Murashige, un samouraï au service d’Oda Nobunaga, finit par se rebeller contre son seigneur et se retrancha dans le château d’Arioka. Alors que le siège s’éternisait, un meurtre d’une brutalité incompréhensible fut commis à l’intérieur des murs du château. Personne n’étant en mesure de résoudre ce crime, la peur et les tensions montaient ; Murashige se tourna alors vers un homme qu’il avait lui-même jeté dans un cachot : Kuroda Kanbei. Considéré comme l’un des plus grands stratèges militaires de la période Sengoku, celui-ci commença à fournir à Murashige des indices pour résoudre le mystère.
La bande annonce :
En conclusion, on peut dire que le Festival de Cannes 2026 s’annonce comme l’un des moments les plus importants pour le cinéma japonais sur la scène internationale depuis des années. Hamaguchi, Kore-eda, Fukada, Kurosawa, Sode : cinq regards, cinq univers, qui témoignent de la diversité du cinéma japonais.