Du 21 au 27 juin 2026 se déroule le festival international du film d’animation d’Annecy. Le plus grand événement mondial dédié au cinéma d’animation célèbre sa 50ème édition. L’animation japonais y occupe une place centrale.
Dans cet article, je vous présente les films d’animation japonais sélectionnés en compétition, mais pas seulement. Je regroupe ici les films d’animation japonais qui seront présentés. Entre premières mondiales, œuvres d’auteur exigeantes et adaptations très attendues, la sélection japonaise de cette année est l’une des plus denses et des plus variées de l’histoire récente du festival. Tour d’horizon des titres incontournables pour y voir un peu plus clair. Pour commencer, voici la vidéo de présentation du festival d’Annecy 2026.
Le festival d’Annecy est unique au monde. Par la mise en avant de l’animation, un art créatif à part entière, Il efface les lignes de la réalité pour en repousser les limites des apparences. Ces films dévoilent aussi des messages de fond en forme de mise en perpective, parfois critique ou auto critique mais toujours constructive. J’aime le festival d’Annecy car il se préoccupe de l’avenir en favorisant chaque année l’émergence de nouveaux talents.
Six films japonais, six registres entièrement différents. C’est la force de cette édition : le Japon ne se présente pas à Annecy 2026 comme une bloc unique, mais comme un cinéma d’animation créatif qui se pose des questions pour se renouveller, capable de produire simultanément un drame intimiste sur l’amitié, un film de guerre antimilitariste, un musical burlesque mais aussi l’adaptation de jeu vidéo très attendue.
L’affiche officielle :

La liste des films d’animation japonais
« We Are Aliens » réalisé par Kohei Kadowaki (Compétition internationale)

Il y a des films dont on pressent, avant même de les voir, qu’ils vont laisser une trace. We Are Aliens est de ceux-là. L’histoire est celle de Tsubasa, garçon discret, qui au détour d’un été d’école primaire se lie d’amitié avec Kyotaro, le genre de camarade que tout le monde admire sans vraiment le connaître. Leur complicité naît vite, intensément — avant qu’un incident banal ne la fracture. Le film suit ensuite leurs vies sur plus de trente ans, explorant avec une lenteur assumée ce que l’amitié laisse derrière elle quand elle se brise trop tôt.
Ce qui rend le projet particulièrement singulier, c’est son auteur : Kohei Kadowaki, 29 ans, jusqu’ici connu pour ses génériques d’anime et ses clips pour des artistes comme YOASOBI, signe ici son tout premier long métrage. Il en assure seul la réalisation, le scénario, le storyboard et le montage. Visuellement, le film s’éloigne délibérément des codes de l’animation japonaise traditionnelle pour adopter une esthétique proche de la rotoscopie, où le dessin épouse le mouvement réel des corps. Coproduit entre le Japon et la France via Miyu Productions, il a fait l’effet d’une révélation à la Quinzaine des Cinéastes à Cannes, avant d’intégrer la compétition officielle d’Annecy. Un premier film à surveiller de très près.
L’histoire : Kohei et Tachiken, 8 ans, sont inséparables. Mais à l’école leur amitié tourne mal et se transforme en une relation toxique qui les marquera tout au long de leur vie, plus de 25 ans après.
La bande annonce :
« Une Aube Nouvelle » réalisé par Yoshitoshi Shinomiya (Section Contrechamp)

Passé par la Berlinale en début d’année, ce long métrage franco-japonais arrive à Annecy avec déjà une réputation solide. Au cœur du récit : Keitaro, jeune homme reclus depuis des années dans une ancienne fabrique de feux d’artifice familiale menacée de démolition. Son obsession ? Reconstituer le shuhari, une pièce pyrotechnique légendaire que son père avait conçue avant de disparaître — un feu d’artifice censé reproduire l’univers tout entier. Rejoints par son frère et une amie d’enfance, les trois personnages naviguent entre deuil, mémoire et un monde extérieur en pleine désintégration climatique.
Yoshitoshi Shinomiya n’est pas un novice — il a œuvré en direction artistique sur Your Name et Dans un recoin de ce monde — mais c’est son premier passage derrière la caméra sur un long métrage. Son identité visuelle est immédiatement reconnaissable : plusieurs techniques d’animation cohabitent à l’écran, dont un passage en stop-motion confié à une équipe française, qui donne au film une texture rare et une profondeur poétique inattendue. Court (75 minutes), dense, parfois ardu, mais visuellement fascinant. Sortie française prévue le 12 août 2026.
L’histoire : L’usine de la famille Obinata, spécialisée dans les feux d’artifice, est sur le point d’être fermée administrativement. Autrefois nichée au cœur d’une forêt verdoyante, le site est désormais recouvert de panneaux solaires, et une route départementale doit bientôt traverser l’emplacement de l’usine. Depuis quatre ans, Keitaro s’est enfermé dans cette usine désaffectée, où il fabrique seul des feux d’artifice. Il est obsédé par le mystère du shuhari, un feu d’artifice fantôme censé représenter l’univers, que son père avait créé juste avant de disparaître. Avant la confiscation de l’usine, Keitaro est déterminé à lancer le shuhari de son père. Hanté par ses souvenirs, il fait appel à son frère Chicchi et à son amie d’enfance Kaoru pour faire éclater Une Aube Nouvelle.
La bande annonce :
« Peleliu : guerre au paradis » réalisé par Goro Kuji (Sélection)

Adapté du manga seinen de Kazuyoshi Takeda — disponible en France chez Vega/Dupuis, ce film de guerre antimilitariste s’attaque à l’un des épisodes les plus oubliés du Pacifique : la bataille de Peleliu, en septembre 1944. Le personnage central, Tamaru, est un soldat ordinaire qui rêve encore de devenir mangaka lorsqu’il débarque sur cette île apparemment paradisiaque. Autour de lui, ses camarades ont déjà compris que personne ne rentrera. Le film joue sur ce contraste cruel entre l’innocence d’un regard artistique et la réalité d’une guerre totale où l’issue ne fait aucun doute.
Réalisé par Goro Kuji pour les studios Shinei Animation et Fugaku, Peleliu ne cherche pas le spectaculaire martial. Il s’intéresse à ce que la guerre fait aux individus avant de les détruire, à leurs rêves, leurs dérisions, leurs petits refuges intérieurs. Une œuvre sobre et suffocante, qui mérite d’être vue bien au-delà des cercles habituels de l’animation.
L’histoire : Japon, 1944. 10 000 soldats japonais débarquent sur l’île de Peleliu. Tamaru, un aspirant mangaka de 21 ans est enrôlé malgré lui dans le conflit, tout comme Yoshiki avec qui il va se lier d’amitié. Ensemble, ils s’accrochent à la vie au coeur de cette guerre d’usure. Isolés en plein Pacifique, les soldats japonais sont livrés à eux-mêmes tandis que le conflit mondial touche à sa fin.
La bande annonce :
Et l’OST est magnifique :
« Toritsukare Otoko » réalisé par Wataru Takahashi (Sélection)

Sorti en novembre 2025 au Japon, ce film musical décalé constitue probablement la surprise la plus attachante de la sélection japonaise. Giuseppe est un homme que sa ville entière surnomme « l’Obsédé » — non par mépris, mais parce qu’il est incapable de s’intéresser à quoi que ce soit à moitié. Triple saut, enquêtes criminelles, chasse aux insectes : chaque passion le consume entièrement, jusqu’à la prochaine. Tout bascule le jour où son regard croise celui de Pechka, vendeuse de ballons au sourire qui cache une douleur profonde. Accompagné de Cielo, un rat de gouttière avec qui il entretient une complicité improbable, Giuseppe va tenter de l’aider à sa façon — c’est-à-dire avec une démesure totale.
Produit par Shin-Ei Animation sous la direction de Wataru Takahashi — habitué des films Crayon Shin-chan —, le film est aussi un musical, avec des numéros chantés composés par atagi d’Awesome City Club. Léger, chaleureux, franchement original dans sa forme, Toritsukare Otoko est exactement le genre de film qu’Annecy sait dénicher avant tout le monde.
L’histoire : Giuseppe est un homme rêveur et fantasque que toute la ville connaît sous le nom de « Toritsukare Otoko« . Un jour, sa route croise celle de Pechka, jeune vendeuse de ballons dont il tombe amoureux. Constatant qu’elle semble mélancolique, il tente d’en comprendre la raison pour l’aider.
La bande annonce :
« Sekiro : No Defeat » réalisé par Kenichi Kutsuna (Midnight Specials avant-première mondiale)

L’événement gaming de la sélection, et sans doute le titre le plus attendu des amateurs d’animation d’action. Adaptée du jeu FromSoftware sorti en 2019, cette production du studio Qzil.la sous la direction de Kenichi Kutsuna plonge dans le Japon féodal de l’ère Sengoku. Wolf, shinobi au service d’un jeune seigneur porteur d’un sang divin convoité par ses ennemis, se retrouve au cœur d’un conflit qui dépasse les simples rivalités de clans — une histoire de loyauté, de mortalité et de résurrection. Le jeu original autorisait plusieurs fins ; l’anime en a retenu une seule, développée en étroite collaboration avec FromSoftware, qui a validé chaque étape du storyboard.
Entièrement dessiné à la main en 2D — l’équipe l’a affirmé publiquement après des soupçons infondés sur l’usage d’IA —, le film bénéficie d’un casting vocal fidèle à celui du jeu original. Il sera projeté en avant-première mondiale dans la section Midnight Specials, réservée aux formes d’animation les plus intenses et expérimentales du festival. Un cadre parfaitement ajusté à l’ambiance du titre.
L’histoire : Désespéré de protéger sa patrie, Genichiro, le petit-fils d’Isshin, se tourne vers des pouvoirs interdits. Le seul espoir réside dans un garçon kidnappé – l’Héritier Divin – et son protecteur silencieux : un shinobi loyal connu sous le nom de
Sekiro.
La bande annonce :
« Le Tombeau des Lucioles » réalisé par Isao Takahata (Annecy Classics)

La sélection japonaise de 2026 ne serait pas complète sans un hommage à ce qui a forgé la réputation mondiale de l’animation nippone. Le chef-d’œuvre d’Isao Takahashi sorti en 1988, considéré comme l’un des films d’animation les plus bouleversants jamais réalisés, sera projeté en copie restaurée dans le cadre de la section Annecy Classics. Une occasion rare de le (re)découvrir dans les conditions qui lui sont dues — sur grand écran, dans le silence qu’il mérite.
L’histoire :
Quand leur mère est tuée lors d’un raid aérien américain dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale, Seita, 14 ans, et sa sœur Setsuko, 4 ans, se retrouvent livrés à eux-mêmes dans la campagne japonaise dévastée. Après une dispute avec leur unique parent survivant, Seita fait de son mieux pour subvenir à leurs besoins en volant de la nourriture et en s’installant dans un abri anti-aérien abandonné. Alors que les vivres se font rares, les deux enfants ne peuvent s’accrocher qu’à de brefs instants de bonheur dans leur dure réalité.
La bande annonce :
Info pratiques
https://www.annecyfestival.com/participer/infos-pratiques/billetterie
https://japoncinema.com/les-films-danimation-japonais-a-voir-au-cinema-en-2025/