Aller au contenu
Accueil - Tomiyasu Ikeda : l’artisan du cinéma muet

Tomiyasu Ikeda : l’artisan du cinéma muet

Tomiyasu Ikeda entre dans l’industrie cinématographique dès le début des années 1920 et devient l’un des artisans les plus fidèles du studio Nikkatsu. Entre 1924 et 1954, il réalise près de 90 films et signe environ 80 scénarios, tout en apparaissant aussi comme acteur dans une quinzaine de films entre 1921 et 1960. Il meurt en 1968, laissant derrière lui une œuvre considérable, trop peu mise en avant aujourd’hui .

Sommaire


Pourquoi découvrir les films de Tomiyasu Ikeda ?

Ikeda incarne cette génération de cinéastes-artisans du muet japonais qui, sans revendiquer le statut d’auteur au sens où on l’entendra plus tard pour Ozu ou Mizoguchi, ont patiemment bâti l’infrastructure narrative et technique du cinéma de studio nippon. Spécialiste du jidai-geki, il traverse sans encombre la transition du muet au parlant et adapte à plusieurs reprises la légende des 47 rōnins, l’un des récits les plus emblématiques de la culture populaire japonaise, preuve de la confiance que lui accordait la Nikkatsu sur les grandes productions de commande.

Son parcours réserve aussi une découverte archivistique assez extraordinaire : une copie de son film historique sur les persécutions religieuses au Japon, tourné en 1931, a été retrouvée des décennies plus tard en Italie, dans les archives cinématographiques de la congrégation salésienne, avant d’être restaurée par les Archives nationales du film d’entreprise. Un symbole de la fragilité de la mémoire du cinéma muet japonais, et de la patience qu’il faut parfois pour la faire réapparaître.

Découvrir Ikeda aujourd’hui, c’est donc redonner sa place à l’un de ces artisans indispensables qui, film après film, ont permis à l’industrie du cinéma japonais de se structurer et de se professionnaliser dans les décennies 1920 à 1950.


Un film particulièrement marquant : « Les Vingt Six Martyrs japonais » (1931)

Junkyō kesshi Nihon nijūroku seijin

Mon film préféré de Tomiyasu Ikeda est ce film historique consacré à l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire religieuse du Japon : la crucifixion de 26 chrétiens à Nagasaki en 1597, sur ordre du régent Toyotomi Hideyoshi. Le film s’inscrit dans un genre alors peu exploré par le cinéma japonais grand public, celui de la reconstitution historique religieuse.

Ce qui rend ce film particulièrement fascinant, c’est son incroyable trajectoire archivistique : longtemps considéré comme perdu, il a été redécouvert des décennies plus tard en Italie, conservé par la congrégation salésienne, avant d’être restauré. Au-delà de sa qualité intrinsèque, le film témoigne de la manière dont certains pans entiers du patrimoine du cinéma muet japonais ont pu survivre par des voies inattendues, loin de l’archipel lui-même.


Sa réalisation la plus connue : le diptyque de Chushingura (Les 47 Rônin) sorti en 1938 – Chūshingura : Ten no Maki (Le Rouleau du Ciel) et Chūshingura : Chi no Maki (Le Rouleau de la Terre).

Le film qui reste aujourd’hui le plus associé à Tomiyasu Ikeda est sa version de la légende des 47 rōnins, tournée en 1938 en co-réalisation avec Masahiro Makino. Le récit reprend l’un des mythes fondateurs les plus adaptés du cinéma japonais : la vengeance méthodique d’un groupe de samouraïs devenus rōnins après la mort injuste de leur seigneur, prêts à sacrifier leur vie pour restaurer son honneur.

Cette collaboration avec Makino, déjà l’un des plus grands spécialistes du chanbara à l’époque, illustre bien la place qu’occupait Ikeda dans l’écosystème des studios japonais : un cinéaste de confiance, capable de porter à l’écran les grandes productions collectives les plus ambitieuses de son époque, sans nécessairement chercher à s’imposer comme une signature d’auteur.

Avec Les Quarante-Sept Rōnins, Tomiyasu Ikeda participe à l’une des nombreuses versions cinématographiques de ce récit fondateur du jidai-geki, et confirme sa place parmi les artisans les plus expérimentés du cinéma historique japonais des années 1930.


Sa filmographie sélective

  • 1926 : Jitsuroku Chūshingura : Ten no maki, Chi no maki, Hito no maki (première version des 47 rōnins)
  • 1927 : Yaji and Kita : Yasuda’s Rescue
  • 1931 : Les Vingt-Six Martyrs japonais (Junkyō kesshi Nihon nijūroku seijin)
  • 1938 : Les Quarante-Sept Rōnins (coréalisé avec Masahiro Makino)
  • 1939 : Ōsei fukko
  • 1958 : Un lion de mille ryōs (coréalisé avec Tomu Uchida)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Menu
error: Content is protected !!