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Hiroshi INAGAKI – Réalisateur de la trilogie Musashi

Je vous présente Hiroshi Inagaki qui a la particularité d’avoir été acteur avant d’être réalisateur. Né en 1905 dans une famille du milieu du cinéma (son père était déjà acteur de théâtre). Il grandit littéralement sur les plateaux, où il débute lui-même comme acteur avant de passer à la réalisation dès la fin des années 1920, à peine plus de vingt ans. Sa carrière s’étend ensuite sur près de cinquante ans, jusqu’à sa mort en 1980, et fait de lui l’un des artisans les plus prolifiques du cinéma japonais d’après-guerre. Il a réalisé plus de 100 films et écrit près de 70 scénarios entre 1928 et 1970.

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Pourquoi découvrir les films d’Hiroshi Inagaki ?

Contrairement à Mizoguchi ou Ozu, que l’on peut présenter comme des auteurs au style immédiatement reconnaissable, Inagaki appartient à cette catégorie de cinéastes capables de se mouvoir avec une aisance rare dans des genres très différents, du drame social au grand spectacle historique. C’est précisément cette polyvalence, alliée à un sens aigu du souffle épique et de la couleur, qui va faire de lui l’un des grands réalisateur du chanbara (films de sabre japonais) dans les années 1950, après que l’occupation américaine eut longtemps interdit les films de sabre, jugés trop féodaux et militaristes.

Sa collaboration avec Toshirō Mifune, l’acteur le plus emblématique du cinéma japonais de l’âge d’or, restera l’un des grands couples réalisateur-acteur de l’histoire du cinéma nippon, aux côtés bien sûr du duo Mifune-Kurosawa. Mais là où Kurosawa creuse souvent l’ambiguïté morale de ses héros, Inagaki privilégie un aspect plus flamboyant. Un cinéma d’aventure porté par une photographie somptueuse, sa trilogie *Musashi* est d’ailleurs le tout premier film Toho tourné en Eastmancolor.

Ce procédé de reproduction de la couleur est moins coûteux que le Technicolor, où l’on impressionne trois pellicules noir et blanc pour chaque couleur primaire, il a progressivement remplacé ce procédé. L’Eastmancolor superpose les trois couleurs primaires soustractives (jaune, magenta et cyan) sur trois couches sensibles de la même pellicule. Ce qui a permis une meilleure fidélité aux couleurs et l’élimination des franges colorées qui apparaissent parfois au tirage du Technicolor.


Mon film préféré : L’Homme au pousse-pousse

Le titre original japonais est Muhōmatsu no isshō, Hiroshi Inagaki tourne à quinze ans d’intervalle deux versions de son film L’Homme au pousse-pousse, en 1943 puis en 1958 avec Toshirō Mifune dans le rôle-titre. Cette seconde version remportera d’ailleurs le Lion d’or à Venise. Le film raconte l’histoire d’un homme au tempérament aussi tempétueux qu’attachant, Matsugoro est un conducteur de pousse-pousse apprécié des habitants de sa ville. Un jour, il porte secours à un petit garçon, Toshio, et fait la connaissance de ses parents, les Yoshioka. Lorsque le père meurt subitement, Matsugoro promet à sa veuve de veiller sur leur fils. Enfant craintif et réservé, Toshio va progressivement s’épanouir au contact de Matsugoro. Yoshiko apprécie elle aussi la compagnie de cet homme pourtant bien éloigné de son milieu.

Ce que j’aime dans ce film, c’est justement son écart avec l’image que l’on se fait souvent d’Inagaki comme simple faiseur de grand spectacle : ici, la mise en scène se fait toute en pudeur et en retenue, pour raconter un amour impossible et une abnégation profondément touchante. C’est un Inagaki plus intime, presque proche du shomin-geki, qui montre l’étendue de son registre au-delà du seul film de sabre.

Où trouver ce film en DVD ? : https://laboutique.carlottafilms.com/products/lhomme-au-pousse-pousse-de-hiroshi-inagaki?_pos=2&_sid=93f3b04a3&_ss=r

La bande-annonce :


Son film le plus connu : la trilogie Musashi (1954-1956)

Son chef d’œuvre le plus célèbre est « la trilogie « Musashi », adaptée du roman-fleuve d’Eiji Yoshikawa et composée de *La Légende de Musashi* (1954), *Le Duel à l’île de Ganryū / Ichijōji no kettō* (1955) et *La Voie de la lumière* (1956). Porté par un Toshirō Mifune au sommet, le film retrace la trajectoire de Takezō, jeune homme fruste et violent. Au fil d’un long parcours initiatique semé d’épreuves et de duels, se transforme en Musashi Miyamoto. Il est le plus légendaire des samouraïs-philosophes de l’histoire japonaise.

Premier grand projet en couleur de la Toho après le retrait de l’occupation américaine qui avait longtemps proscrit le genre jidai-geki, la trilogie *Musashi* devient un triomphe public immédiat. Il vaut à Inagaki l’Oscar du meilleur film en langue étrangère dès son premier volet en 1955, une des premières reconnaissance internationale pour le cinéma japonais. Le film a depuis exercé une influence considérable, à travers une trilogie initiatique, sur le cinéma mondial.

Où trouver ce film en DVD ?https://laboutique.carlottafilms.com/products/musashi-dhiroshi-inagaki?_pos=1&_sid=874116f1b&_ss=r

La bande-annonce :


Sa filmographie sélective

– 1943 / 1958 : *L’Homme au pousse-pousse* (*Muhōmatsu no isshō*, deux versions)
– 1950-52 : première trilogie *Kojirō Sasaki* (avec Chiezō Kataoka)
– 1954 : *La Légende de Musashi* — Oscar du meilleur film étranger
– 1955 : *Le Duel à l’île de Ganryū*
– 1956 : *La Voie de la lumière*
– 1958 : *La Vallée de la vengeance* (*Muhōmatsu no isshō*, remake couleur) — Lion d’or à Venise
– 1962 : *Chūshingura : Hana no maki, yuki no maki*

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