La 83e Mostra de Venise, qui se tiendra du 2 au 12 septembre 2026, confirme la vitalité du cinéma japonais à l’international. Avec deux films en compétition pour le Lion d’or et plusieurs œuvres présentées hors compétition ou dans les sections parallèles, le Japon sera l’un des pays les mieux représentés de cette édition.
Cette sélection illustre la richesse du cinéma japonais actuel. Entre la sensibilité humaniste de Kore-eda, l’énergie radicale de Tsukamoto, la curiosité insatiable de Miike et le regard singulier de Sabu. Deux films brigueront le Lion d’or tandis que plusieurs œuvres seront présentées hors compétition, offrant un panorama passionnant du cinéma japonais contemporain.
Mostra de Venise 2026 : deux films japonais en compétition officielle

Le principal événement est sans conteste le retour de Hirokazu Kore-eda en compétition officielle avec Look Back. Le réalisateur de Nobody Knows, Une affaire de famille et Monster adapte cette fois le manga phénomène de Tatsuki Fujimoto. L’œuvre suit la rencontre de deux jeunes filles réunies par leur passion pour le dessin, avant que leur destin ne prenne une tournure inattendue. Kore-eda explore les liens humains, la création artistique et la reconstruction. Une adaptation particulièrement attendue, tant ce manga est devenu une référence.
La bande annonce :

Autre personnalité incontournable du cinéma japonais, Shinya Tsukamoto retrouve lui aussi la compétition avec Nelson San, Anata Ha Hito Wo Koroshimashitaka? (Mr. Nelson, Did You Kill People?).
Cinéaste de la chair et de la violence depuis Tetsuo, Tsukamoto poursuit depuis plusieurs années une réflexion profonde sur la mémoire de la guerre et les blessures de l’Histoire. Si le mystère entoure encore son nouveau film, son titre annonce déjà une œuvre provocatrice et politique, dans la continuité d’un auteur qui n’a jamais cessé d’interroger la responsabilité individuelle face à la violence.
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Hors compétition
La Mostra accueillera également Takashi Miike, infatigable artisan capable d’alterner films de genre, fresques historiques et documentaires. Avec Shumei – The Living Legacy of Kabuki, il s’intéresse cette fois à l’une des traditions les plus prestigieuses du théâtre japonais : le shumei, cérémonie au cours de laquelle les grands noms de scène sont transmis d’une génération à l’autre. Plus qu’un simple documentaire, le film promet d’explorer la transmission d’un patrimoine vivant au cœur de la culture japonaise.
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Autre rendez-vous patrimonial, Twist and Shoot Mister Suzuki reviendra sur la carrière du mythique Seijun Suzuki. Le réalisateur de La Marque du tueur a profondément influencé le cinéma moderne par son sens de l’expérimentation visuelle et son goût pour la déconstruction des codes du film de yakuza. Ce documentaire devrait permettre à une nouvelle génération de redécouvrir l’un des cinéastes les plus inventifs de l’après-guerre.
Hors compétition, Sabu signe son retour avec Arrested Memory. Révélé dans les années 1990 grâce à son sens unique du burlesque et de l’absurde, le réalisateur continue d’explorer des personnages en marge confrontés à des situations aussi improbables qu’existentielles. Peu d’éléments ont été dévoilés, mais la simple présence de Sabu à Venise constitue déjà un événement pour les amateurs de cinéma japonais indépendant.
Enfin, la section Venice Spotlight s’ouvrira avec un documentaire japonais Sumo: Spirit Weighs Nothing d’Erik Shirai.
À travers le quotidien des lutteurs, le réalisateur explore les valeurs de discipline, de transmission et de dépassement de soi qui fondent l’univers du sumo. Une approche sensible qui dépasse le simple documentaire sportif pour proposer une véritable immersion dans une tradition emblématique du Japon.