« Doraemon et le château sous-marin » est un film d’animation réalisé par Tetsuo Yajima. Il sort le 7 octobre 2026 au cinéma en France. Il est distribué en France par Eurozoom. En 2026, Doraemon et le Château sous-marin, le 45ème volet de la franchise légendaire.
L’histoire : Doraemon est un chat-robot bleu qui vient du futur. Il vit avec Nobita, un petit garçon maladroit, et ses parents. Grâce à ses gadgets secrets, Doraemon aide souvent Nobita à s’amuser ou à résoudre ses problèmes. Un été d’ennui, Doraemon propose à Nobita et leurs amis d’aller faire du camping sous la mer. En explorant les fonds marins, la bande découvre une épave et fait la rencontre des Thalassiens. C’est alors qu’une annonce très inquiétante survient : « Le Château sous-marin s’est réveillé ! ». Nobita et ses amis doivent se lancer dans une bataille qui décidera du sort de la Terre !
La bande-annonce :
Préférez-vous les vacances à « la mer ou à la montagne » ?

Sans détour, j’ai apprécié ce film du début à la fin, pour plusieurs raisons. Les deux principales sont les plus personnelles. La première est que j’ai regardé ce film avec mon fils qui a adoré. Ce film d’animation est donc idéal pour une sortie au cinéma en famille. La deuxième est que je suis heureux de voir Doraemon à l’affiche au cinéma en France.
C’est un personnage que j’ai découvert lors de mon premier voyage au Japon en 2008 et j’avais surpris par sa popularité et le nombre de goodies car il était quasi inconnu en France. Il faut mesurer la chance de voir ce film d’animation aujourd’hui au cinéma. Depuis sa création en par Fujiko Fujio en 1969 Doraemon est parvenu à conserver une grande authenticité et sincérité notamment sur le Japon au quotidien qui est montré avec un réalisme impressionnant et ce qui l’est encore plus c’est la manière dont les éléments connexes de l’histoire sont amenés et s’imbriquent pour rendre l’histoire très plaisante à suivre.
Le film commence par ce dilemme : Nobita et ses amis doivent choisir leur destination pour les vacances d’été. Mer ou montagne ? Chacun a son idée et le groupe peine à se mettre d’accord. Pour résoudre ce dilemme, Doraemon propose une solution aussi inattendue qu’amusante : pourquoi ne pas partir voir des montagnes… sous la mer ?
Ce choix paraît anodin mais il installe immédiatement une dynamique de groupe fondée sur les envies de chacun. La mer devient ensuite bien plus qu’un simple décor : elle ouvre l’accès à un monde mystérieux, encore largement inconnu des héros. Le film joue ainsi sur le contraste entre l’insouciance des vacances et la montée progressive du danger. Cette entrée en matière permet d’introduire l’univers fantastique sans abandonner l’humour et la légèreté propres à Doraemon. Grâce à ses gadgets, les cinq amis peuvent alors installer leur campement dans les profondeurs de l’océan et partir à la découverte d’un monde qu’ils ne connaissent pas. Ou il vont pouvoir respirer sous l’eau grâce au « rayon acclimatant ».
L’enjeu initial, très quotidien dans la maison de Nobita (et son ventilateur), devient le point de départ d’une aventure dont les conséquences prennent une dimension beaucoup plus vaste et intéressante que le titre du film ne le laisse penser. Une chose est certaine, vous n’allez pas vous ennuyez !
L’éveil d’une conscience écologique et les dangers de l’IA au centre de l’histoire

En introduction, je veux rappeler que ce film est un remake du film « Doraemon: Nobita no kaitei kiganjō » sorti au Japon le 12 mars 1983 et réalisé par Tsutomu Shibayama . Il est intéressant d’analyser comment les thèmes de l’environnement et de l’IA sont présentés car ils sont plus que jamais d’actualité.
Dès le début du film, la protection de l’environnement apparait, la constatation de la pollution des océans, la critique surconsommation sont des messages important. Ils sont le fil rouge de l’histoire mais sans jamais en faire trop, ils sont présentés de manière subtile et intelligente. Dans la première partie du film à travers une exploration des fonds marins. On découvre avec les personnages les différentes espèces marines. Requin lutin, Crapaud de mer, Pieuvre dumbo, Poisson lanterne, Calamars géant… Il y a une véritable dimension éducative et d’émerveillement dans cette exploration des fonds marins, de l’humour aussi avec un barbecue sous l’eau, comment utiliser des toilettes ? faire cuire la viande synthétique à base de plancton.
Sur ce thème, j’ai apprécié aussi les images post-générique montrant les enfants ramasser des déchets sur une plage signe que la rencontre avec le monde sous-marin a fait naître chez eux une conscience écologique. Après le générique, le plan montrant les enfants ramasser des déchets sur une plage referme la boucle écologique du film sans discours appuyé : la rencontre avec un monde menacé par les choix humains s’est muée, concrètement, en un geste quotidien, signature discrète mais efficace de l’ambition renouvelée de ce remake. La parallèle entre le risque naturel (les tremblements de terre, l’explosion des volcans) et le risque créé par la civilisation (la fabrication de bombes pour se protéger de l’extérieur) est bien mis en valeur.
Ce qui devait être une simple escapade estivale va cependant rapidement prendre une tournure plus mystérieuse. Au cours de leur exploration, Nobita et ses compagnons découvrent les traces d’une civilisation sous-marine, « les thalassiens ». Cette civilisation sous marine possède ses institutions, ses règles et coutumes et appelle les terriens les telluriens en référence au latin tellus, telluris, qui signifie « la terre ». Nobita est ses amis rencontrent El qui les entraîne au cœur d’une histoire beaucoup plus ancienne et dangereuse qu’ils ne l’imaginaient.
La technologie occupe une place centrale, d’abord car les machines permettent aux personnages d’explorer un environnement normalement inaccessible à l’être humain.
Le film interroge ainsi, en filigrane, notre dépendance aux machines et la manière dont elles peuvent modifier notre perception du monde. Cette question résonne particulièrement avec notre époque, où l’intelligence artificielle et les technologies autonomes prennent une place croissante dans nos vies.
Mais le film rappelle aussi que, malgré la puissance des machines, ce sont finalement la curiosité, les relations entre les personnages et leurs décisions qui font avancer l’aventure.
L’intelligence artificielle est présenté comme une menace autonome. Contrairement au film original de 1983, où l’ennemi était un peuple rival, le remake fait de Poséidon une IA devenue incontrôlable après qu’un scientifique dissident y a transféré sa conscience. Un choix qui résonne directement avec les débats contemporains sur l’autonomie des systèmes d’intelligence artificielle.
Une animation de qualité et des personnages hauts en couleurs

Ce qui m’a intéressé, c’est que ce film mélange les genres et surtout qu’une énergie positive se dégage de chaque scène. Il est vrai que les lieux choisis, les fonds marins, ouvrent un champs des possibilités infinis et le réalisateur l’investit pleinement.
Il nous permet de réaliser un rêve pour nombreux d’entre nous, celui de respirer sous l’eau. Mais aussi de voler. Ce film est une véritable aventure sous marine. On ressent aussi une vraie camaraderie de groupe.
Concernant la qualité de l’animation, j’ai beaucoup aimé les nuances apportés. Je salue le character design qui respecte à la fois l’œuvre originale à travers la représentation des personnages principaux (comme dans le manga et l’anime d’origine). Mais le réalisateur ajoute de la qualité/des détails sur les décors qui sont magnifiques et un touche d’originalité avec les personnages de la Fédération de Mu qui m’ont fait penser à ceux des personnages de jeux vidéos comme Zelda. Les décors et les paysages aussi sont magnifiques.
Doraemon conserve lui à son rôle de mentor à la fois fantasque, imprévisible mais aussi bienveillant, inventif et drôle. On aurait tous besoin de lui dans notre vie 🙂 Nobita, Shizuka, Gian et Suneo retrouvent une dynamique classique, Shizuka étant plus présente, tandis que Gian et Suneo restent cantonnés à leur rôle comique traditionnel. Mention spéciale pour le personnage de Buggy (la voiture) tout au long du film, j’en reparle un peu plus loin.

El (Eru), jeune ressortissant de la Fédération de Mu, est le personnage-pivot de la rencontre entre les deux mondes. Le remake approfondit son arc et celui de son peuple : la critique japonaise note que les sentiments des habitants de Mu sont bien plus développés que dans l’original de 1983, où l’ennemi étant une IA, le drame humain restait pauvre, ici, la peur, la loyauté et le dilemme moral des Mu deviennent un véritable enjeu dramatique.
La découverte de Mu est le basculement du film de l’aventure familiale vers le récit de science-fiction politique se joue dans la scène de capture par les gardes de la Fédération : la mise en scène prend le temps de montrer l’architecture et la vie quotidienne de Mu avant toute explication, misant sur l’émerveillement visuel pour installer la crédibilité de cette civilisation avant d’en exposer les lois et les peurs.
Poséidon, antagoniste central, maître de l’Atlantis n’est plus un simple robot mais le prolongement numérique d’un scientifique déchu de Mu ayant voulu fonder son propre royaume pour se protéger de la menace extérieure. Cette origine humaine donne à la menace une dimension tragique absente de l’original, où l’ennemi restait une force impersonnelle.
Le statu quo politique et la peur du changement sont aussi des messages forts. La loi vieille de dix mille ans qui pousse la Fédération de Mu à dissimuler son existence et à ne jamais provoquer Poséidon peut se lire comme une critique du conservatisme institutionnel : le gouvernement de Mu a choisi le statu quo par peur plutôt que par conviction, et c’est le geste des enfants, préférer sauver la vie d’El plutôt que respecter la loi qui vient fissurer cette rigidité.
Au-delà de l’aventure et de la dimension « science-fiction », le film interroge la manière dont les êtres humains réagissent face à ce qu’ils ne connaissent pas. La rencontre entre le monde de la surface et celui des profondeurs fait naître la méfiance, mais aussi la possibilité d’un dialogue entre des communautés qui se perçoivent d’abord comme différentes. Comment agir face à la menace de ces bombes si puissantes qu’elles peuvent détruire le monde.
L’histoire dévoile certaines scènes émouvantes et questionnements remplis de vérité. « Le sens du sacrifice ». « Quelle est la différence entre bon et juste ? »
Les machines et la technologie participent à cette réflexion, elles permettent de franchir les frontières et d’explorer l’inconnu, mais elles peuvent aussi devenir une source de puissance et donc de crainte. Le film rappelle ainsi que le progrès technique ne suffit pas à garantir une coexistence pacifique. La peur occupe une place centrale. Peur de l’autre, peur de l’inconnu ou encore peur de perdre le contrôle : autant de sentiments qui peuvent provoquer le repli et alimenter les conflits. À l’inverse, la curiosité et la rencontre permettent progressivement de dépasser ces barrières. Le message est qu’ensemble rien n’est impossible.
Buggy essaie de comprendre les humains, notamment ce qui fonde l’amitié. « Pourquoi les humaines sont il aussi contradictoires ». « Est il y a une différence entre choix bon et un choix juste ». « Qu’est ce que le cœur ? ». Le film apporte des pistes de réponse. Le climax lui redonne un geste de sacrifice marquant, avant que Buggy, le sous-marin robotisé de poche, ne s’illustre par un acte héroïque décisif.
Sous ses apparences de grande aventure familiale, « Doraemon et le château sous-marin » propose donc une réflexion sur l’amitié et plus largement le « vivre-ensemble » : comment cohabiter lorsque deux mondes ne se comprennent pas encore ? C’est finalement la capacité à dépasser la peur et à faire confiance à l’autre qui devient l’un des véritables enjeux de l’histoire.
Le seul défaut à mon sens est que la résolution de l’histoire, bien qu’émotionnellement efficace, apparait rapide au regard de l’ampleur du danger posé par Poséidon. La tension et l’inquiétude qui pèse sur les personnages me semblent amoindries par rapport au film original. À l’image d’autres films récents de la franchise, le film atténue le sentiment de danger, lui préférant un ton plus lisse et rassurant.
Analyse de la fin du film (attention spoiler)

Quand la machine se sacrifie :
Le dénouement repose sur une menace inhabituelle pour un film Doraemon. Atlantis, aujourd’hui gouvernée par des robots, a pris une éruption volcanique pour une attaque. Elle se prépare à répondre par une frappe nucléaire sur la Terre. Nobita et ses amis, aidés par un garçon de Mu, essaient de la stopper, mais se font capturer. Tout semble perdu jusqu’à ce que Buggy, le petit véhicule sous-marin de la bande, se jette sur Poséidon, l’ordinateur central, et le détruise au prix de sa propre existence. Les enfants regagnent ensuite Mu, où on les acclame.
Le réveil de Poséidon, un adversaire sans visage
Il n’y a ici aucun tyran à vaincre. Poséidon n’est pas méchant, il applique une logique défaillante sans que personne puisse le corriger. C’est ce qui rend la situation inquiétante : le danger naît d’un malentendu entre un système et le monde qu’il surveille.
Deux visions de la technologie
Le film met face à face deux machines. L’une, Buggy, s’attache à Shizuka et choisit de se sacrifier. L’autre, Poséidon, exécute ses procédures et ne s’arrête jamais. Fujiko F. Fujio semble dire que la technologie vaut ce qu’on en fait : entre des mains amicales elle protège, livrée à elle-même elle menace.
Le sacrifice de Buggy. Le climax, où le petit sous-marin de poche se fraie de force un passage à l’intérieur du mécanisme de Poséidon pour le faire exploser de l’intérieur, est le sommet émotionnel du film. Le choix de confier ce geste ultime à un gadget plutôt qu’à un personnage principal est révélateur de l’identité de la franchise : même l’objet le plus anodin de la poche à quatre dimensions peut devenir héroïque.
Au final, Buggy est le véritable centre émotionnel du film. Son sacrifice final lui vaut d’être salué comme le vrai héros discret de cette aventure.
Une victoire discrète et provisoire
Les héros sont honorés à Mu, mais le monde d’en haut ignorera toujours qu’il a échappé au pire. Cette fin en demi-teinte est typique de la série : l’exploit reste secret, et ce qui compte, c’est le lien qui unit les enfants. Les présentations du remake insistent d’ailleurs sur l’amitié et la protection de l’environnement, très présente dans l’univers marin du film.
Conclusion

« Doraemon et le château sous-marin » réunit tous les ingrédients pour passer un bon moment au cinéma : une aventure familiale calibrée, de l’humour, des séquences d’action et l’ambiance unique de l’univers de Doreamon. Je veux saluer aussi l’effort de vulgarisation scientifique super intéressante.
Le remake apporte plus de modernité que le film original avec l’incursion plus marqué des thèmes de l’écologie et des dérives de l’intelligence artificielle qui lui donne une actualité certaine. Un remake qui ne surfe pas sur la nostalgie et qui révèle un film engagé, éducatif par exemple sur la diversité des espèces qui m’a rappelé les dessins animés avec une dimension aventure mais aussi éducatifs de mon enfance (comme « il était une fois la vie » ou « les mystérieuses cités d’or ») .

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